Julian est une sirène

Le jour où Julian voit passer trois femmes magnifiques habillées en sirènes, sa vie change. Il ne rêve plus que d’une chose, devenir lui aussi une sirène. Mais que va penser sa Mamita ?

Wow, wow, wow! Quel bel album! Déjà, les pages de garde sont magnifiques. Certaines illustrations en pleine page (par exemple, lorsque Julian s’imagine plonger dans l’eau) me donnent envie d’en avoir des formats géants à exploser sur les murs de la maison. Vous auriez dû me voir en train de lire cet album: je passais du « Ohhhh! » au « Waaaaaaah!! » au « Oh là, là, quoooooiiii???? » au « Mais c’est trop beau!!! » Les illustrations pleines de mouvement m’ont fait plonger au fond des océans avec Julian, avec les poissons, les pieuvres, les méduses et les raies de son imagination. J’ai aussi aimé que l’illustratrice ait utilisé un papier brun plutôt que blanc pour ses dessins. Le rendu est très réussi! Et, comme c’est souvent le cas lorsque l’auteur fait aussi les illustrations, le texte et les dessins participent à part égale à la narration du récit.

Au retour d’un avant-midi à la piscine, Julian et sa grand-mère rentrent à la maison. Cette dernière va prendre un bain en disant à Julian de ne pas faire de bêtises. Mais Julian avait été tellement émerveillé par les jolies femmes qu’il a croisées dans le métro sur le chemin du retour, qu’il en profite pour se maquiller, se mettre des feuilles de palmier dans les cheveux et des rideaux autour de la taille pour se faire une robe. Lorsque la grand-mère sortira de la salle de bain et verra son petit-fils, sa réaction sera simplement « Oh. » On peut facilement imaginer que l’excès de féminité de Julian ne lui a pas plu. Mais il n’en n’est rien! Au contraire, elle offre au garçon un collier pour compléter sa tenue. Et c’est ainsi que la petite famille ira se promener dans le quartier, la tête haute, pour rejoindre une parade tout aussi flamboyante et colorée que Julian.

Cet album souligne à quel point il est important d’être soi-même et fier de qui ont est. Il donne aussi à voir un garçon qui explore les concepts de féminité et de masculinité, démontrant au passage que plutôt qu’être fixe, le genre est quelque chose de fluide et de beau. On ne sait pas si Julian aime les garçons ou s’il se découvrira homosexuel, mais ce n’est pas du tout important. Julian est tout simplement un garçon heureux, qui s’exprime via son genre. J’ai adoré!

Coup de cœur!

* Prix Stonewall Mike Morgan & Larry Romans Children’s & Young Adult Literature pour son traitement exceptionnel d’une expérience LGBTQ+

Julian est une sirène
AUTEUR(S):  Jessica Love
ÉDITION: École des loisirs, 2020
ISBN: 9782211306669
PRIX: 23,95$
4 ans et plus

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Fatou la petite sirène

Fatou est une petite sirène qui aime jouer avec son amie la tortue. Tandis qu’elle se repose sur son île, un matelot tombe à l’eau. Avec des sons simples à déchiffrer en autonomie.

La collection Vive s’adresse aux enfants qui sont en train d’apprendre à lire. Simples, répétitifs et abondamment illustrés, ces albums leur permettent de devenir de vrais lecteurs, en ne leur donnant à lire que des mots déchiffrables. Dans Fatou la petite sirène, les mots contiennent des sons simples (les voyelles, b, d, f, j, k, l, etc.), et le son ou, plus complexe. Toutes les phrases sont au présent de l’indicatif et au singulier. On retrouve en début et fin d’album un petit lexique illustré, mais les mots moins communs et potentiellement nouveaux (comme écume, vogue, boussole ou bouée) ne sont pas accompagnés d’une définition. L’enfant aura donc besoin d’un adulte pour l’aider à accéder au sens.

Fatou est une sirène noire coiffée de tresses plaquées et d’un afro. Elle est courageuse et serviable: elle n’hésite pas une seconde à porter secours au matelot qui se noie. Le fait que Fatou porte un chandail ne m’est pas passé inaperçu: voilà une sirène qui ne se dénude pas! De plus, comme Fatou est une enfant, j’ai apprécié qu’elle ait été illustrée ainsi, et non avec un soutien-gorge de noix de coco comme on le voit habituellement dans les histoires de sirènes. À lire!

Pour vous procurer ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

FATOU LA PETITE SIRÈNE
AUTEUR(S): LAURENCE PIERSON & JONATHAN BLEZARD
ÉDITION: SAMIR, 2020
ISBN: 9786144434666
PRIX: 10,95$
6 À 8 ANS

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Abiola et la déesse des mers

LAbiola et la déesse des merses vacances scolaires battent leur plein. Nos trois amis Abiola, Francis et Hui Lin sont prêts à passer une journée inoubliable à la plage. Seulement, en proie à une peine familiale, Francis, boudeur, s’aventurera seul dans l’eau et… disparaîtra brusquement sans laisser de traces ! Où a-t-il pu passer ? Abiola et Hui Lin arriveront-elles à retrouver leur meilleur ami de toujours dans cet océan infini ?

Le livre débute avec une présentation du contexte géographique où on retrouve une carte de l’Afrique et du Bénin, un résumé de ce qui s’est passé dans le tome précédent, ainsi qu’une présentation des personnages. Abiola Osseni, espiègle, curieuse et gaffeuse, a 7 ans et demi et vit à Cotonou. Hui Lin, 8 ans, est une jeune fille intelligente, réservée et loyale de nationalité chinoise et béninoise. Francis, 8 ans, est un français fier, débrouillard et moqueur. On suit les trois amis lors d’une journée à la plage durant les vacances scolaires.

Abiola reçoit parfois des moqueries à l’école à cause de ses cheveux crépus en forme de nuage. Malgré tout, elle trouve les cheveux crépus magnifiques et n’hésite pas à complimenter une femme qui les porte fièrement. J’étais heureuse de retrouve la déesse des mers, Mamie Watta, dans un livre jeunesse adressé aux enfants autonomes en lecture. Ici, Mamie Watta a perdu son peigne duquel elle puisait ses pouvoirs. Abiola devra l’aider avec l’aide de ses amis !

Les chapitres très courts rendent la lecture agréable. Pour ne rien manquer, je conseille de lire les tomes précédents avant celui-ci. J’ai trouvé l’histoire un peu courte et incomplète; j’aurais voulu savoir tout de suite comment le peigne de Mamie Watta allait être retrouvé ! Malgré tout, ce livre plaira aux jeunes amateurs de fantastique.

À la fin du livre, il y a un dossier pour en apprendre davantage sur Mamie Watta.

Pistes pour une exploitation en classe

  • Identifie les personnages principaux de l’histoire.
  • Résume chacun des chapitres en une phrase.
  • Replace les événements de l’histoire dans le bon ordre.
  • Effectue une recherche à la bibliothèque ou sur internet sur la culture yoruba.

Iman Eyitayo est une auteure béninoise.

Iman Eyitayo

Mégane Cuvelier est une illustratrice réunionnaise.

Je remercie les éditions Plumes solidaires de m’avoir offert ce livre. 

Auteur(s) / illustrateur(s) : Iman Eyitayo et Mégane Cuvelier
Maison d’édition: Plumes solidaires Bouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9791096622153
Public cible: 7 ans et plus
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La petite carpe dorée

la petite carpe doréeHabib veut garder son poisson et s’en faire un ami mais il n’ose pas le dire. L’idée que sa maman pourrait le cuire le paralyse. Il rentre directement dans sa chambre, s’allonge puis s’endort…

Mon avis

Un livre de type premières lectures facile à lire pour les enfants qui apprennent à lire. Les maisons d’éditions africaines sont difficilement trouvables là où j’habite et je trouve qu’il est important que leur donner la visibilité qu’elles méritent. Bien que le texte soit bien écrit, la chute est un peu précipitée. Malgré tout, Les Éditions Ruisseaux d’Afrique est une maison d’édition à découvrir!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Béatrice Lalinon Gbado & Patrice Borgia Djenontin
Maison d’édition: Éditions Ruisseaux d’Afrique
Année de publication: 2002
ISBN: 9973195469
Public cible: 7 à 10 ans
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Béatrice Lalinon Gbado est une auteure béninoise née en 1960.

Béatrice Lalinon Gbado

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Où es-tu Iemanjá?

ou es tu iemanja« C’est la magie du Brésil que l’on retrouve dans le regard d’une petite fille à la veille de la nouvelle année, jour où tous célèbrent la déesse Iemanja… Leny Werneck est une bienfaitrice : elle offre aux enfants la mesure du monde et la vision de la beauté. »  Jorge Amado.

Leny Werneck est brésilienne. Elle a proposé à Philipe Davaine d’illustrer ses mots. Pour cela, il s’est envolé vers le Brésil et a vécu quelques temps dans l’île de Camila, la petite fille de l’histoire… Il en a rapporté ces couleurs magnifiques. Amnesty International s’associe à cet album qui invite à découvrir la richesse culturelle du Brésil.

Les illustrations de ce livre, d’une infinie précision, sont magnifiques. De magnifiques double-pages se déploient tout en longueur et constituent de superbes prises de vue panoramiques. Le texte nous transporte jusqu’au Brésil lors d’une tradition entourant le Nouvel An. Même s’il s’agit d’une fiction, on en apprend beaucoup sur les traditions brésiliennes, sur sa culture, sur ses influences et sur ses significations. Bien que les Africains envoyés au Brésil comme esclaves par les colonisateurs portugais aient été obligés de se convertir à la religion catholique, ils sont parvenus à conserver en secret leurs croyances (les dieux, appelés orixas) et leurs cérémonies. Un petit bijou de littérature!

Auteur : Leny Werneck & Philippe Davaine
Maison d’édition: Syros Éditions, Amnistie International
Année de publication: 2005
ISBN: 274850142X
Public cible: 6 ans et plus

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Mbéla et la perle de Mamiwater

mbela mamiwater perleMbéla habite au Cameroun, dans un village de pêcheurs au bord de l’océan. Elle passe ses dimanches à pêcher des coquillages avec ses deux amies, Mariétou et Angèle, en rêvant de trouver des perles. Les fillettes prennent garde de rester loin de la grotte souvent immergée et recouverte d’algues gluantes. Car selon la légende, Mamiwater, la sirène, y garde ses perles les plus précieuses. Mais un jour, Mbéla ne résiste pas. Elle s’approche de la grotte et y dérobe une grosse perle. Elle est aussitôt engloutie par une grosse vague. Réussira-t-elle à échapper au courroux de la sirène ?

Je ne connaissais pas du tout Mamiwater (« Mami wata« ). Il s’agit d’une divinité aquatique du culte Africain Vodoun, dont la pratique est répandue en Afrique de l’ouest, du centre et du sud, ainsi que dans la diaspora africaine et les Caraïbes. Mbéla et la perle de Mamiwater parle justement de cette divinité, une sirène qui recherche la compagnie alors que tout le monde la craint. Le livre est d’excellente qualité et les illustrations sont colorées et recherchées. Le contraste entre la couleur du texte et les couleurs de fond est parfois un peu faible et peut miner la lecture. Rien d’alarmant, toutefois. Un livre super avec des personnages féminins forts, libres et maîtresses de leur destin. À lire!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Marie-Félicité Ébokéa
Maison d’édition: Éditions Belin
Année de publication: 2006
ISBN: 2701143306
Public cible: 5 à 8 ans

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Marie-Félicité Ébokéa est une auteure camerounaise vivant en France.

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À l’eau Mariétou!

eau mariétouYoupi ! Lundi, Mariétou va avec sa classe à la mer pour apprendre à nager. Elle parvient à convaincre son père de lui acheter le maillot de championne olympique de ses rêves, dans la boutique de Mama Bikini. Pourtant, une fois sur la plage, Mariétou est impressionnée : la mer est immense, les vagues sont grosses et font du bruit… Celle qu’on surnomme dans son quartier de Douala « Kissaitounapeurderien » aurait-elle peur de se jeter à l »eau?

Mariétou est une fille espiègle qui, c’est bien connu, n’a peur de rien. Elle avait si hâte d’aller à la plage se baigner, mais une fois là-bas, prend peur. Il est rare de voir un livre sur la vie du quotidien n’ayant que des personnages noirs. J’ai lu ce livre à une enfant de presque 6 ans. Elle a aimé les longues tresses d’un personnage figurant et les billes dans ses cheveux. Elle a dit qu’elle voulait avoir des cheveux comme ça! Elle s’est aussi intéressée à la sirène, elle ne savait pas que les sirènes pouvaient être méchantes. Dans l’histoire, Mamiwater, la sirène, chante pour entraîner au fond de l’eau les enfants qui s’éloignent trop de la rive. Nous avons quand même nuancé le propos en disant que certaines sirènes sont gentilles, comme Arielle (parce que Disney, on ne s’en sort pas…!). Le texte est très bien, même si j’ai dû changer quelques mots pour l’adapter au contexte québécois (par exemple, je lisais « éducateur » plutôt que « maître » pour faire référence au professeur d’école). Un excellent livre pour faire passer quelques règles de sécurité dans l’eau aux enfants. Nous avons « lu » le livre plusieurs fois, moi avec les mots de l’auteur et elle avec ses propres mots, en inventant une nouvelle histoire en se basant sur les images. Le format horizontal à l’italienne m’a plu. Très bien, ce livre!

En savoir plus sur l’auteure camerounaise, Marie-Félicité Ébokéa

marie-felicite-ebokea

Auteur(s) / illustrateur(s) : Marie-Félicité Ébokéa & Clémentine Sourdais
Maison d’édition: Éditions du Sorbier
Année de publication: 2010
ISBN: 9782732039718
Public cible: 4 à 7 ans

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Sirènes du monde

sirènes du mondeDes sirènes, bon. Ok. Elles vivent dans les fonds marins. Ok. Mais encore? Les aventures des sirènes relatées dans ce livre m’ont semblées vides de contenu. Il faut dire que chacune des histoires, très courte, ne permet pas d’entrer dans les détails. Des filles belles, minces et maquillées, cherchant leur amour éternel ou à être délivrées d’un quelconque malheur. Les sirènes de ce livre viennent du Canada, des États-Unis, de l’Afrique, du Royaume-Uni, de l’Écosse, de l’Inde, de l’Italie, de la Roumanie, de la Russie, du Japon, de l’Australie, de l’Antarctique et de la Polynésie. Les pays (ou les continents) d’où elles proviennent n’ont pas vraiment d’incidence sur leurs aventures, si ce n’est que pour offrir un contexte météorologique différent et véhiculer quelques clichés au passage.

Au niveau de la présentation matérielle, je ne vois pas trop l’intérêt de faire de ce livre un tout-carton et non pas un roman aux pages ordinaires. Ce format laisse supposer que le livre s’adresse aux poupons alors que ce n’est pas du tout le cas. Chaque double page présente une sirène différente. Les illustrations sont réussies, mais le texte – Oh!, le texte! – est écrit si petit qu’il faut presque utiliser une loupe pour y déchiffrer les lettres, d’autant plus que le contraste des couleurs est assez faible. Les pages de gardes sont inexistantes. Bref, je n’ai pas du tout aimé. Niveau sirènes, je préférerais autre chose. Vous avez des suggestions à me faire?

4_ Les sirènes du monde

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sybile & Katell Goyer
Maison d’édition: Auzou Bouton acheter petit
Année de publication: 2013
ISBN: 9782733823866
Public cible: 8-9 ans.

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