Comment transformer une banane en vélo

Afin d’être la meilleure version de soi-même, à la fois pour les autres que pour la planète, Comment transformer une banane en vélo propose une fable sur l’entraide entre voisins et l’échange de biens selon leur valeur insoupçonnée. Car pour le jardinier en sueur, une crème glacée vaut bien plus qu’une vieille tondeuse! Menée par la témérité des enfants, cette fable prouve qu’il est possible de changer de vieilles habitudes et de faire une différence dans son entourage. L’oeuvre fait la promotion de la transition écologique, d’une société zéro déchet et des mouvements citoyens.

Trouver un album illustré dans lequel les personnages ne sont pas tous blancs est tellement rafraîchissant! Dans Comment transformer une banane à vélo en particulier, l’illustratrice Ravy Puth a utilisé de magnifique couleurs pour la peau des personnages: marron riche, beige-foncé, jaune enflammé, brun-rougeâtre, beige-rosé, etc. Ainsi, chaque personnage a une couleur de peau différente, incorporant divers degrés de rouge, de brun, de jaune, de rose ou d’orangé. Cela m’a fait pensé à la fantastique série de portraits d’Angelica Dass qui capture la pluralité des teintes de peaux et l’absurdité de la classification raciale en une poignée de catégories restrictives qui, au final, ne veulent rien dire puisque des personnes de races différentes se retrouvent à être de la même couleur de peau. Bref, les personnages de cet album ont des traits très diversifiés: des cheveux droits ou bouclés et des yeux ronds, longs ou petits. Au-delà de la couleur de peau des personnages, le style d’illustration m’a également beaucoup plu! Quel beau choix de couleurs pour les paysages! L’illustratrice a vraiment créé des textures intéressantes dans les nuages, le gazon et les tissus.

Le texte est charmant et la répétition le rend très agréable à raconter à voix haute. J’ai aimé la manière dont le couple du bout de la rue est décrit: « L’horrible monsieur Landry habite au bout de la rue avec son-épouse-pas-si-horrible-que-ça, Louisa. Pas d’enfants, pas d’animaux, que l’horrible vieux monsieur Landry et son-épouse-pas-si-horrible-que-ça. Tous les gens du voisinage savent qu’il ne faut pas les déranger. » Ça crée tout de suite un image assez forte et on imagine déjà la relation qu’il y a entre ces deux-là et leur entourage. Par quelques phrases seulement, l’auteure parvient à créer tout un univers. Simple et efficace.

Cette fable écologique véhicule des valeurs de protection de l’environnement, de camaraderie, de partage et de débrouillardise. J’ai adoré! 

Comment transformer une banane en vélo 3

Coup de cœur! 

 

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Comment transformer une banane en véloBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Jerry Dougherty & Ravy Puth
ÉDITIONKATA, 2020
ISBN: 9782925077008
PRIX: 22,00$
4 À 8 ANS

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Mon amie la pluie

Mon amie la pluie etta kanerPourquoi pleut-il? D’où vient le tonnerre? Pourquoi les plantes ont-elles besoin d’eau? Les petits n’auront qu’à soulever le rabat de chaque page pour satisfaire leur curiosité et apprendre l’essentiel sur des phénomènes qui les touchent de près.

Ce livre invite les enfants à explorer le monde avec délice et curiosité. Des explications claires sous les rabats feront connaître aux jeunes lecteurs la science de la pluie et les sujets qui en découlent. On y apprend par exemple pourquoi les odeurs semblent différentes après une averse, pourquoi la pluie tombe du ciel et à quoi ressemble une goutte de pluie.

Dès les premières pages, on rencontre un garçon noir non nommé qui demande à un interlocuteur invisible « Qui aime la pluie? ». Suivra au cours des pages suivantes toutes les raisons qui font en sorte qu’on aime la pluie. On revoit le garçon noir à quelques reprises seulement : au retour des courses avec sa famille, à la plage avec des amis, puis à la toute dernière page où il demandera au lecteur « Et toi, pourquoi aimes-tu la pluie? ». Les illustrations manquent un peu de clareté, mais il y a un soucis de représenter des personnes de toutes origines et de toutes capacités physiques. Cela a été pour moi une belle lecture informative! J’ajouterais ce livre à une mise en réseau sur les phénomènes climatiques ou sur les saisons auprès d’une classe de de premier cycle du primaire sans hésiter. Recommandé.

Empruntez ce livre à votre bibliothèque municipale!
Mon amie la pluie
AUTEUR(S) : Etta Kaner & Marie Lafrance
ÉDITION: Scholastic, 2007
ISBN: 9780439942492
À PARTIR DE 4 ANS

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par-ici-pluie     La princesse de l'eau claire

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Gaïa changera le monde

Gaïa changera le mondeGaïa, 10 ans, est une génie des maths, qui cherche toujours à comprendre le monde autour d’elle et comment les objets fonctionnent. Mais surtout, protéger la planète est une seconde nature chez elle. Tout est sûrement venu de son prénom : Gaïa veut dire « Terre » en grec. Alors elle trie ses déchets, baisse le chauffage, et déteste le gaspillage. Rien ne bouge si personne ne bouge ! La planète, c’est l’affaire de tous ! Tout le monde peut faire quelque chose, à son échelle. En grandissant, Gaïa refusera ce mode de vie qui ne respecte pas la nature, les gens, les animaux. Elle décidera de mettre son talent au service de la planète et d’un nouveau projet de vivre-ensemble.

Gaïa est un personnage très intéressant. Dès les premières pages, elle est bien définie par l’auteure et dévoile sa personnalité: Adepte de sport, de calcul mental et d’échec, elle participe à plusieurs activités parascolaires et vit dans une famille recomposée, tout ce qu’il y a de plus normal. Malgré un début un peu lent où on présente longuement le personnage, le récit se reserre par la suite et est un plaisir à lire. J’ai aimé suivre Gaïa dans son développement et de la voir grandir, prendre en maturité et en autonomie. Forte de ses convictions environnementales, la petite Gaïa devenue grande s’impliquera et fera tout ce qui est en son pouvoir pour protéger la planète. Elle partage d’ailleurs tous les petits gestes qu’elle a adoptés au quotidien pour réduire son empreinte écologique. Elle est un véritable modèle de réussite et les jeunes pourront sans l’ombre d’un doute s’y identifier.

Le livre à couverture rigide se présente de belle manière et on retrouve un bel équilibre entre le texte et l’image. Les illustrations m’ont d’ailleurs beaucoup plu: toutes les textures vibrantes utilisés par Claudia Amaral sont un véritable plaisir pour les yeux.

Gaïa

Le récit se termine par un appel ouvert au lecteur: « Et toi, que fais-tu pour la planète ? As-tu déjà ramassé des plastiques qui traînaient dans la nature ? Est-ce que tu recycles ce qui peut l’être ? Éteinstu la lumière ou l’eau qui coule, fais-tu attention à ne pas chauffer inutilement ? » (p. 34). On retrouve aussi Le Petit Manuel Écologiste de Gaïa à l’attention des parents et des enfants dans lequel les enfants apprendront l’importance de réduire ses déchets et les trier, d’économiser l’eau, de favoriser l’économie circulaire, ou encore de diminuer sa consommation de viande. Je recommande vivement ce livre!

Je remercie les éditions Anacaona de m’avoir offert ce livre. 

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AUTEUR(S) : Paula Anacaona & Claudia Amaral
ÉDITIONÉDITIONS Anacaona, 2020
ISBN: 9782490297054
8 À 11 ANS

 

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Libraire-de-la-favela-1    économiser

 

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La princesse de l’eau claire

La princesse de l'eau claireUn grand récipient repose sur la tête de la princesse Gie Gie, telle une couronne. L’eau potable se fait rare dans son royaume aux couleurs chaudes. Chaque matin, elle se lève avant le soleil pour marcher jusqu’au puits. Lorsqu’elle revient à la maison, après avoir fait bouillir l’eau pour la boire et pour nettoyer les vêtements de sa famille, Gie Gie pense à ce voyage que demain amènera. Et elle rêve. Elle rêve d’un jour où son village africain aura une eau claire et limpide. 

J’ai adoré cet album inspiré par l’enfance au Burkina Faso de l’activiste Georgie Badiel. Les illustrations aux traits épais et aux couleurs chaudes m’ont énormément plu. On s’attache beaucoup à la princesse Gie Gie et à ses tourments. Le livre se termine par un dossier dans lequel on en apprend plus sur la vie au Burkina Faso et le long voyage que mènent des miliers d’enfants, d’hommes et de femmes, chaque jour, pour aller chercher de l’eau. Bien adapté en contexte scolaire, cet album peut être utiliser pour amener les enfants du primaire à se questionner sur leur rapport à l’eau, à l’importance de la protection de l’environnement, au travail humanitaire, à l’entraide et aux inégalités sociales. Je recommende vivement cet album ! L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Georgie Badiel est une mannequin burkinabée. 

Georgie Badiel

Auteur(s) / illustrateur(s) : Susan Verde & Peter H. Reynold
Maison d’éditionScholastic
Année de publication: 2018 Bouton acheter petit
ISBN: 9781443165815
Public cible: 7 ans et plus
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Haïti : La perle nue

DécHaïti perle nue mémoire d'encrier.jpgouvrir un pays, comprendre les enjeux environnementaux, c’est saisir le lien entre la terre et les hommes. Haïti, pays à l’avenir balbutiant, mélange de tradition et d’incertitude, est une terre façonnée par des siècles d’histoire douloureuse. À travers l’exemple d’Haïti, cet ouvrage nous incite à une prise de conscience du rôle primordial de l’écologie aujourd’hui pour le monde de nos enfants demain.

J’ai emprunté ce livre dans une bibliothèque municipale. On ne trouve pas beaucoup de documentaires sur Haïti destiné aux enfants présentement sur le marché. Haïti : Perle nue offre beaucoup d’informations sur cette île des Caraïbes dans un documentaire richement illustré et entrecoupé de contes traditionnels. Le livre est divisé en cinq chapitres, en plus d’un avant propos, d’un glossaire et d’annexes pour en savoir plus : 1. Un environnement modelé par l’histoire; 2. Le bois et l’arbre; 3. L’eau douce et l’eau salée; 4. La faune et la flore; 5. De la campagne à la ville.

Le premier chapitre s’intéresse à l’île avant l’arrivée de Christophe Colomb, l’introduction de l’esclavage, la fin des Arawaks, la colonie française et l’indépendance d’Haïti. Le deuxième chapitre explique comment les forêts ont disparu du pays, les conséquences de la déforestation et les manières dont le bois est utilisé pour produire de l’électricité, pour créer une source de revenu pour les paysans et pour confectionner des œuvres d’art. Les troisième et quatrième chapitres survolent les ressources naturelle, la pénurie d’eau potable et les écosystèmes haïtiens. Enfin, le dernier chapitre aborde la question de la pollution, de la pauvreté et de l’urbanité en Haïti.

On retrouve également cinq contes haïtiens dans ce livre: « Dife Flanbo et Loraj Kale », « L’oranger magique » (un conte très populaire déjà publié aux Éditions 400 coups),  » « L’île de la Gonâve », « L’oiseau aux ailes bleues » et « Malice et les tambours du roi (Bouki et Malice sont également des personnages très populaires du folklore haïtien). Plusieurs mots ou expressions créoles ponctuent les contes. Même si les sections documentaires sont accompagnées de nombreuses photographies, les contes ne sont agrémentés que d’une ou deux vignettes.

Le livre se termine par une liste des dates importantes, ce qui est très utile pour se repérer dans le temps et connaître les événements marquants de l’histoire d’Haïti. Toutefois, les annexes sont de trop à mon avis car toute l’information qu’on y retrouve aurait pu être ajoutée à l’un ou l’autre des chapitres du livre. De plus, la typographie de cette section est très petite comparée à celle utilisée dans les chapitres; ce qui rend la mise en page très dense et quelque peu rédhibitoire. Parlant de mise en page, j’ai aimé que les photos soient accompagnées d’une légende explicative, parfois assez longue. Par contre, ces dernières coupent parfois un paragraphe en plein milieu d’une phrase et minent la fluidité de la lecture. On s’y retrouve tout de même, mais le va-et-vient entre deux pages est parfois un peu agaçant.

Cela étant dit, les jeunes qui liront ce livre en apprendront énormément sur Haïti: non seulement son histoire, mais aussi les raisons qui expliquent pourquoi le pays est aujourd’hui si pauvre et désorganisé. J’aurais aimé une petite section sur les écarts de richesse et l’absence d’une classe moyenne; cela aura été très intéressant. J’ai trouvé le ton utilisé parfois mal adapté aux enfants (mots difficiles, tournures du phrases trop littéraires, ou encore explications trop vagues ou compliquées). Les préados pourraient avoir un peu de mal à tout comprendre.

Les éditions Mémoire d’encrier nous offre malgré tout un livre documentaire très complet, nuancé et passionnant ! Plaira aussi aux adultes !

Mimi Barthélémy est une auteure, conteuse et metteuse en scène haïtienne
(1939-2013).

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Gérard Barthélémy & Mimi Barthélémy
Maison d’édition: Mémoire d’encrier / Vents d’ailleurs Bouton acheter petit
Année de publication: 2010
ISBN: 9782923713311 / 9782911412714
Public cible: 8 à 12 ans
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Un nouveau monde…

nouveau-monde-kerbaLa ville fume, tousse et crache. Il faut faire quelque chose ! Partir à l’aventure pour dénicher le bon remède, sauver quelques graines de la folie des hommes et qui sait, grâce à elles, faire refleurir la terre entière?

Le large format de l’album est très agréable et la mise en page est aérée. Les illustrations sont très évocatrices, et chaque lecteur pourra y déceler quelque chose de différent qu’il interprétera à sa manière. La poésie du texte m’a beaucoup touchée; la ville y est présentée comme une entité vibrante, presque amicale, à qui on prête des qualités humaines. Et parmi tout cela, l’urgence d’agir et ce mot jeté à répétition sur les pages de l’album: « Vite! ». Vite, il faut agir.

Le personnage principal, un garçon blanc, quitte sa ville pour se rendre dans un endroit non nommé, mais dont on devine qu’il s’agit d’un pays chaud, probablement les Antilles. Par ce voyage, il illustre la fracture technologique, numérique et industrielle qui sépare le nord du sud. Un homme blanc qui débarque dans un pays peuplé par des personnes racisées et qui finit par tout chambouler, ça s’est bien sûr déjà vu dans l’Histoire de l’humanité. Les enfants comprendront-ils ce que cela implique…? Néanmoins, cet album soulève une question d’actualité: « Quel est le coût de la mondialisation? » Pertinent.

Auteur(s) : Muriel Kerba
Maison d’édition: Gautier-Languereau
Année de publication: 2006
ISBN: 9782013913102
Lectorat cible: À partir de 8 ans

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Tout un monde sous l’eau

SuTout un monde sous l'eaur l’eau je glisse, je me faufile à travers les nénuphars et les roseaux. Ma maman me fait découvrir le monde invisible des animaux qui vivent sous l’eau, les petits poissons et les écrevisses, les tortues et les grenouilles. Je suis émerveillé de découvrir ce monde mystérieux qui se cache, au fond de l’étang. Veux-tu me suivre à la découverte des animaux qui vivent sous l’eau ?

Le long format vertical de cet album se prête merveilleusement bien au propos; tantôt il évoque le niveau de l’eau, tantôt il montre en contre-plongée les profondeurs des mers. Ce va-et-vient entre la surface de l’étang et ce qui se passe sous l’eau donne place à des spectacles splendides, comme des castors qui plongent pour arracher de délicieuses racines, un héron qui chasse le poisson en plongeant soudainement sa tête sous l’eau, un pic qui picosse un pin s’élevant près de la berge, une loutre qui pêche des moules d’eau douce avec ses griffes, des têtard qui sont entrain de se transformer en grenouilles, ou encore une libellule fatiguée venue se poser sur le genou du garçon pour se reposer. Les deux personnages de l’histoire sont une mère et son fils, partis naviguer ensemble dans un petit canoë pour y découvrir ce qui vit sous l’étang. Le fait qu’ils soient noirs ne change rien à l’histoire. J’ai également aimé le fait que ce soit la mère qui accompagne son fils, déconstruisant du même coup de stéréotype que la science est une affaire d’hommes. Avec eux, on s’émerveille de la beauté de la nature, de l’équilibre de l’écosystème et on prend conscience de la nécessité de le respecter et de le protéger. Car la mère et son fils ne pêchent pas; ils rament et observent, sans déranger la nature.

À la fin de l’album, on retrouve une note de l’auteure qui nous explique ce que sont les étangs et les plants d’eau, ainsi que les animaux qui y habitent. elle nous parle d’écosystème, de producteurs (comme le planctons qui crée sa propre nourriture en utilisant la lumière du soleil, l’eau, le dioxyde de carbone et des nutriments), les herbivores (comme les poissons et les oiseaux), les carnivores (comme les hérons et les ratons laveurs), les décomposeurs (comme les bactéries et les champignons). Elle nous explique aussi comment les écosystèmes sont menacés par la pollution ou la détérioration de l’environnement, et nous présente en 5 pages documentaires chacun des animaux rencontrés dans l’histoire. Ce livre jeunesse est vraiment, vraiment excellent.

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Coup de cœur !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Kate Messner & Christopher Silas Neal
Maison d’édition: Gründ Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782324019524
Public cible:  7 à 12 ans.
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Fatou Diallo, détective

Fatou diallo détectiveMoi, c’est Fatou Diallo, 9 ans et demi. Avec mon associé Max (oui, bon, c’est un hamster, on fait comme on peut !), bref, avec Max, nous avons créé l’agence de détective FDD. Dès qu’il y a une enquête à mener, un mystère à élucider, on m’appelle. Pour me trouver, c’est simple : cité des Violettes, bâtiment D, à côté de l’escalier.

Fatou sait marchander ! Elle sait ce qu’elle veut et elle ne travaille pas pour rien. Bref, elle connaît sa valeur. Elle n’a pas non plus la langue dans sa poche. D’origine sénégalaise, voilà trois générations que sa famille a immigré en France. Au début du roman, Fatou affirme : « Si je n’avais pas la peau noire, j’aurais sans doute rougi jusqu’aux oreilles de mon impertinence » (p.15). À la lecture de cette phrase, je me suis demandée s’il n’existait pas une autre manière de décrire les sentiments du personnage, une manière qui ne serait pas hégémonique. En effet, on prend la réaction physique d’une personne blanche pour décrire les sentiments d’une personne noire. Pourquoi ?

À la page 49, le voisin arabe de Fatou affirme ne pas être responsable du vandalisme qui a eu lieu dans l’immeuble, mais est persuadé qu’on va lui mettre ça sur le dos à cause de son origine ethnique : être Arabe en France fait de lui la tête de Turc idéale. À ses propos, Fatou répond « Oh, tu sais, ce n’est pas toujours drôle non plus d’avoir la peau noire… » (p.50) Enseignants: si vous lisez ce roman avec vos élèves, demandez-leur ce que Fatou aurait bien pu vouloir dire par là.

Chaque chapitre est une nouvelle enquête de Fatou que l’on s’amuse à suivre dans ses aventures. Le récit m’a intrigué, mais j’ai été agacée des petites pointes de sexisme laissées ici et là (par exemple, que le « foot » n’est pas un sport de fille). Bien sûr, ce sexisme existe dans la réalité, mais comme il s’agit d’une œuvre de fiction pour les enfants, je ne vois pas trop l’intérêt de réitérer ce genre de stéréotypes. La société se débrouille très bien pour nous les resservir à tout moment sans que les artistes s’y mettent aussi. Contexte français.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Emmanuel Trédez
Maison d’édition: Nathan Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782092558232
Public cible: À partir de 8 ans
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Tonton couture : Une histoire au bord du fleuve São Francisco

Tonton coutureLe petit Eduardo veut être couturier, comme son oncle. Il habite dans une petite ville du Brésil, au bord du fleuve San Francisco. Son tonton lui apprend tous les secrets du métier – et lui raconte aussi plein d’histoires sur la vie d’autrefois. Autrefois, avant que la grande usine s’installe au bord du fleuve, et pollue la région. Tonton Couture coud les uniformes des ouvriers. Mais un jour, l’usine décide de produire les uniformes dans un pays lointain. Ça coûte moins cher ! Tonton Couture et Eduardo trouveront une jolie solution pour continuer à travailler. 

Le texte, qui se lit comme on écoute un ami nous relate ses souvenirs, m’a fait voyagé jusqu’au Brésil. J’y ai découvert un peuple, une famille, des individus dont l’histoire m’a touché. Les illustrations sont si belles que j’ai dû plusieurs fois arrêter la lecture pour les dévorer des yeux afin d’observer chacun des détails si longtemps travaillées par l’auteure: des vestes suspendues par des cintres au bord d’une fenêtre ayant vu sur un chantier, aux bouteilles et babioles déposées nonchalamment près d’un écran de télévision, en passant par les linges colorés que les femmes lavent dans le São Franscico, surnommé le « Vieux Chico »,  l’un des plus longs fleuves du Brésil. Ces illustrations vivantes tout en relief composées de collages semblent vouloir s’échapper du livre. C’est un art infiniment beau.

Au fil des pages, la relation entre un jeune garçon et son oncle couturier se tisse et se dévoile au lecteur alors que ce dernier raconte des histoires et transmet les rudiments de la couture au garçon qui attend après l’école que sa mère rentre de travailler. On y découvre comment la petite ville fictive d’Olho d’Agua a été transformée par l’arrivée d’une usine. Les changements ont été sociaux, familiaux, personnels et environnementaux. C’est à travers ce village brésilien transformé et par le biais d’un couturier inventif et persévérant que le livre nous transmet son message écologique. En épilogue, une note de l’auteure nous informe de la manière dont les travaux de dérivation du São Franscico  divise la population brésilienne, et sur ce qui est arrivé au fleuve Doce, théâtre de la plus grande catastrophe écologique de l’histoire du Brésil. On en apprend aussi beaucoup sur le quotidien au Brésil.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire

Bien que Olho Agua n’existe pas, les racines véridiques du livre le rende facilement exploitable en milieu scolaire. Pourquoi pas une discussion en classe sur la transmission et sur la protection de l’environnement ? Enseignants, questionnez vos élèves sur les habilités, les compétences ou les passions que les membres de leur famille leur ont transmis. Vous pouvez également les questionner sur les impacts que peut avoir l’arrivée d’une industrie minière ou de tout autre élément nouveau sur l’environnement et/ou l’écosystème. Au cours d’histoire, vous pouvez les questionner sur ces métiers disparus ou en voie de disparition. Au cours d’art plastique, pourquoi ne pas effectuer une toile faite de collages texturés à la manière de Eymard Toledo ?

J’ai vraiment adoré la lecture de cet album qui ouvre une multitude de portes vers la découverte et la réflexion. Bravo!

Coup de cœur !

* Prix « Climate Book » en Allemagne pour son message écologiste.

* Prix « Hautement recommandable » de la Fondation Biblioteca Nacional au Brésil.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Eymard Toledo
Maison d’édition: Anacaona Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782918799894
Public cible: 6 à 9 ans

Je remercie les Éditions Anacaona de m’avoir offert ce livre.

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Prépare un terreau

prépare un terreauQue peux-tu faire avec du sable, des feuilles mortes et des vers de terre? Lis ce livre pour répondre à cette question.

Explorer l’univers vivant avec l’aide d’un livre, pourquoi pas? Non seulement l’enfant pourra lire ce livre seul, mais sa constitution le rend facile à aborder (procédures à suivre, étapes numérotées, diagrammes, légendes, etc.) Sans mentionner que ce livre est facilement transportable au jardin ou à la cuisine pour fabriquer son propre terreau! Les pages en papier glacé allongent également la durée de vie du lire. Une tâche de boue? Un linge très légèrement humide et hop! nettoyé! La main à la pâte, tous!

Auteur(s) / illustrateur(s) : Tami B. Morton
Maison d’édition: Éditions du renouveau pédagogique
Année de publication: 2005
ISBN: 2761317998
Public cible: À partir de 6 ans

Vous aimerez peut-être: À belles dents !, publié chez le même éditeur.

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