Ollie

J’ai un chien qui court dans ma tête. Il s’appelle Ollie. Parfois, mon chien est tranquille, curieux ou effrayé. Et parfois, il est excité… un peu trop, même! Quand ça arrive, c’est difficile à supporter. Alors, qu’est-ce qu’un chien – ou un enfant anxieux – peut faire dans ce cas? Et toi, as-tu un chien dans la tête? Dans son plus récent album illustré, l’auteure québécoise Elise Gravel aide les enfants à identifier et à calmer leur anxiété de manière consciente et apaisante.

La talentueuse Élise Gravel ne déçoit pas avec ce nouvel album sur la pleine conscience qui fait une analogie entre un chien excité et la difficulté à se concentrer. Ollie est le chien dans la tête du personnage principal, un garçon au teint brun, qui tente de le contrôler. Mais ça ne marche pas toujours, car Ollie est un chiot et ce n’est pas facile pour un chiot de se calmer! À la lecture de ce livre, les petits lecteurs apprendront à se concentrer sur leur respiration, à parler à un adulte quand cela ne va pas et à être attentif à leurs émotions. Recommandé! 

Ollie: Un livre sur la pleine conscience
AUTEUR(S) : Élise Gravel 
ÉDITION: Scholastic, 2020
ISBN: 9781443186407
PRIX: 19,99$
5 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Toi! un album pour amener les enfants à se découvrir. Essayez aussi La bulle de Miro, un album jeunesse sur les barrières interpersonnelles, ainsi que Rien du tout!, un livre qui invite les enfants à ne rien faire… et à en profiter pleinement!

Les aventures de Nanou et Ti Ko / Avanti Nanou ak ti ko

Les aventures de Nanou et Ti KoLes jumeaux Nanou et Ti Ko s’apprêtent à souffler leur cinquième bougie. Quelle belle surprise d’apprendre qu’ils auront une visite de Papi Loulou pour célébrer leur anniversaire! Ils vivront des moments inoubliables avec leur grand papa chéri, venu spécialement d’Haïti pour fêter avec eux.

J’ai été charmée par ce livre. Je me suis amusée à le lire en créole, puis en français, puis de nouveau en créole, heureuse de constater à quel point la langue créole est belle et imagée. Les deux personnages principaux, des jumeaux, sont mignons comme tout et ils s’émerveillent de petites choses de la vie, comme la visite d’un aéroport, la grosseur réelle des avions posés au sol, les couleurs des vêtements traditionnels haïtiens (une chemise Gwayabèl et une robe Karabella), ou encore le métro montréalais. J’ai aimé leur petite excursion à la Grande Bibliothèque !

Dans le livre, on présente Haïti comme un beau pays dont le peuple est travaillant. On fait référence au tremblement de terre de 2010 et on souligne que les choses s’améliorent et continueront tant et aussi longtemps que les gens travaillent ensemble. Une représentation positive qui s’éloigne de l’image négative que nous renvoie régulièrement les médias.

Les illustrations m’ont laissées plutôt indifférente, par contre. Le lien entre l’illustration choisie et le texte qui l’accompagne n’est pas toujours très clair. Par exemple, lorsqu’en page 14 on présente le grand-père, et qu’en page 15, on retrouve une map du pays d’où il est originaire… De plus, la mise en page monotone manque de dynamisme. Dommage. Heureusement que le texte est vachement bien! Ce livre est épuisé, mais vous pourrez peut-être le trouver dans votre bibliothèque municipale; consultez votre bibliothécaire! 🙂 Vous pouvez également visiter le site web du livre en cliquant ici.

Arcelle Appolon est une auteure canadienne d’origine haïtienne. 

Arcelle appolon

Empruntez ce livre auprès de votre bibliothèque municipale!
Les aventures de Nanou et Ti Ko / Avanti Nanou ak ti ko
AUTEUR(S) : Arcelle Appolon & Maxime St-Juste
ÉDITION: Kiyikaat Éditions, 2012
ISBN: 9782923821092
3 à 6 ANS

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être Ti-Pinge et Le royaume de Nedji, deux livres jeunesse bilingues en français-créole.

pinge      nedji

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Le lion et le singe

Le lion est le plus dangereux de la savane. Quand il arrive, tous les animaux ont peur d’être dévorés! Mais un jour, le lion tombe au fond d’un grand trou. Le singe se demande s’il doit l’aider à sortir… toi, tu ferais quoi? Franck Sylvestre nous livre ici, pour le plus grand bonheur des petites oreilles, un conte animalier plein d’humour, qui ne finit pas forcément bien pour tout le monde…

Franck Sylvestre est un excellent conteur. Quel plaisir de le retrouver sur le CD d’accompagnement, avec toutes ses intonations et la chaleur de sa voix! Même sans public, il interpelle le lecteur et l’emmène avec lui au pays des contes. Comme tout bon conteur, Franck Sylvestre ne lit pas le texte; il raconte une histoire. Et si vous le croisez lors d’un événement, je serais prête à parier qu’il vous racontera l’histoire du lion et du singe de manière nouvelle. Ne soyez donc pas surpris en constatant que le texte dans le livre n’est pas le même au mot près qui peut être entendu sur le CD audio d’accompagnement. Je vous conseille de soit écouter le CD, soit lire le livre. L’histoire est très belle et porteuse d’une morale sur le sens de la vie. J’ai beaucoup, beaucoup aimé!

Franck Sylvestre est un conteur québécois.

Le Lion et le singe
AUTEUR(S) : Franck Sylvestre & Élise Kasztelan 
ÉDITION: Planète rebelle, 2020
ISBN: 9782924797891
PRIX: 22,95$
3 à 7 ans

Ce livre vous a plu? Vous aimerez peut-être La Batterie de Théophile ou l’âne au crottin d’or, deux albums audio pour la jeunesse. Essayez aussi Bonnet rouges et bonnets blancs: Un conte antillais.

Sorcière vaudou

Morane est intriguée par l’arrivée de sa nouvelle voisine haïtienne. Une aura de mystère semble l’entourer, car des phénomènes étranges ont lieu en sa présence. Elle la soupçonne d’être une sorcière, prête à leur jeter des mauvais sorts.

Ouf. Par où commencer? Avant même d’ouvrir le livre, déjà, le titre: « Sorcière vaudou ». J’ai beaucoup de mal avec cette association commune entre vaudou et sorcellerie. Toute religion est faite de croyances et de gestes qui échappent à toute explication scientifique. Ça n’en fait pas des formes de sorcellerie. Les personnes qui pratiquent le vaudou sont appelées vaudouisantes, pas sorcières. Ensuite, la page couverture ne fait qu’en ajouter une couche en montrant une personne en contre-jour qui semble évoquer un démon ou je ne sais quoi. Deux personnes, blanches, ont l’air effrayées. Le livre est publié dans la collection Frissons chez l’éditeur, Héritage Jeunesse: Oui, parce que le vaudou, c’est un truc de récits d’horreur. Eh, misère… 🤦🏿‍♀️

J’avais déjà lu quelques romans de l’autrice afro-québécoise Dïana Bélice et j’avais chaque fois pu relever des passages et représentations problématiques dans ses livres. J’ai tout de même tenté d’entamer ma lecture de Sorcière vaudou avec un esprit ouvert. Le personnage principal de l’histoire est Amandine, une petite fille noire que l’on rencontre pour la première fois en page 4 où elle est décrit comme étant coiffée d’énormes lulus qui « ressemblent à d’énormes nuages noirs ». C’est une nouvelle élève venue d’Haïti et elle est donc sujette à l’attention et la curiosité de ses camarades. C’est normal. Et même s’il est clair qu’il s’agit d’une petite fille noire, ce n’est pas la couleur de sa peau qui attise les regards, mais simplement le fait qu’elle soit nouvelle. Sauf que dès la page 5, elle monte dans l’autobus scolaire, salue le chauffeur et regarde autour d’elle les passagers déjà installés, et on dit qu’il s’agit d’une attitude étrange (!). Par la suite, des choses tout à faits banales et normales (des sourires, des paroles anodines, des jeux, de la nourriture, une invitation à une fête) seront qualifiés d’étranges, effrayants, mystérieux, surnaturels, maléfiques ou suspects, et ce, sans aucune raison apparente. L’autrice surfe sur le fait qu’Amandine soit différente des autres (immigrante, nouvelle) pour créer une aura effrayante autour d’elle tout au long du roman. Pourtant, c’est bien la base de la xénophobie: ce qui est étranger et différent fait peur. J’ai trouvé ça vraiment maladroit qu’on utilise la différence ethnique et raciale pour en faire un récit d’horreur.

Après, j’ai vraiment senti que l’autrice ne s’adressait pas à moi en tant que lectrice noire. Ce qui est supposé faire peur est en réalité pour moi des choses familières. Par exemple, du riz collé accompagné de lambi, un délicieux plat haïtien, est comparé à des vers de terre pour faire peur au lecteur. On dit d’Amandine et de sa famille qu’ils pratiquent de la magie noire alors qu’ils sont simplement vaudouisants. Les vieux grands-parents d’Amandine, parce qu’ils ont le teint sombre et sont âgés, sont comparés à des zombies effrayants. Un membre de la famille d’Amandine, « aussi foncé que la nuit » sourit de ses dents blanches et les deux camarades blancs d’Amandine frissonnent (p.34). Dans quel monde est-ce que des personnes normales qui ressemblent aux membres de ma famille doivent-ils me faire peur?? J’ai vraiment senti que ce roman était écrit d’abord et avant tout pour le lectorat blanc.

Au milieu de l’histoire, les deux camarades blancs d’Amandine vont faire des recherches sur la magie noire et, bien sûr, vont tomber sur le vaudou. Ils en concluront que la famille d’Amandine sont « des sorciers vaudous! Comme dans les films d’horreur! » (p. 63). Et on aura bien sûr droit au passage sur la poupée utilisée pour jeter des sorts maléfiques.

À la fin de l’histoire, les deux camarades blancs d’Amandine confronteront cette dernière et elle leur expliquera tout ce qu’ils avaient mal interprété. Ses jeux dans la cours d’école étaient en réalité une célébration pour remercier la vie de ses bienfaits; les os dans sa boîte à lunch étaient simplement les restes de son repas; les « zombies » chez elle étaient ses grands-parents; et il n’y avait aucun lien entre la poupée aux cheveux coupés et la nouvelle coiffure d’une élève de l’école. Mais même si on mentionne que « lorsque les gens ne connaiss[ent] pas quelque chose, ça fait peur […], quelques fois ils s’inventent des histoires auxquelles ils préfèrent croire au lieu de s’informer. » (p.93), ce n’est pas suffisant pour passer sous silence les 92 pages précédentes bourrées de clichés et de stéréotypes. Dommage. Je n’ai vraiment pas aimé ce roman.

Dïana Bélice est une autrice québécoise d’origine haïtienne.

Pour commander ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

Sorcière Vaudou
AUTEUR(S): Dïana Bélice
ÉDITION: Héritage jeunesse, 2020
ISBN: 9782898121845
PRIX: 10,95$
8 ANS ET PLUS

Voici trois autres livres avec des représentations problématiques de personnages noirs: F pour fille: Emma, Zoé: Championne de cas ratés, et Il faut sauver Nikili!

La ruelle d’hiver

Elodie va jouer dehors, dans la ruelle, dans la neige. Aimée la joint et plein d’autres amis. Un fort, de la neige…

Quel plaisir de retrouver Élodie dans sa ruelle cette fois-ci enneigée! Son papa, toujours en voix-off, lui a dit qu’elle pouvait aller jouer dehors. Les autrices ont su capturer ces moments de jeu et de découverte hivernales, quand la neige chante sous notre poids, quand le manteau blanc étouffe les sons et crée une atmosphère pesante, quand on grimpe sur le toit d’une butte de neige et qu’on se sent le maître du monde. Élodie et ses amis font un fort, s’amusent, rient dans leur ruelle. La ruelle d’hiver est un magnifique album qui souligne la beauté du quotidien typiquement montréalais.

Coup de cœur!

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La ruelle d’hiver
AUTEUR(S) : Céline Comtois & Geneviève Després 
ÉDITION: D’eux, 2020
ISBN: 9782924645543
PRIX: 20,95$
3 à 6 ans

Ce livre vous a plu? Vous aimerez peut-être les premières aventures d’Élodie dans La ruelle. Essayez aussi Au beau débarras: La mitaine perdue, ou Les chiffres de Maya, deux albums jeunesse québécois.

Mathieu Da Costa: Premier interprète d’origine africaine en Nouvelle-France

Plusieurs pans de la vie de Mateus Da Costa demeurent un mystère. Son nom revient à quelques reprises dans les archives, puis, vers la fin de sa vie, les historiens perdent complètement sa trace. Samuel de Champlain a francisé son nom et l’appelle Mathieu de Coste. Une chose cependant est sure : Da Costa est le premier navigateur et interprète d’origine africaine à avoir foulé le sol de notre pays.

Voilà un très bon roman pour lecteurs débutants avec tout juste 58 pages illustrées en noir et blanc. L’autrice, Diane Groulx, a dédié ce livre à ses enfants, Jhonatan et Luisa, « pour qu’ils soient fiers de leurs origines africaines ». Elle a aussi consulté l’historien A. J. B. Johnston qui l’a conseillée dans l’écriture et la vérification de faits historiques sur la vie de Mathieu Da Costa.

Le livre se lit comme une histoire; ainsi, les lecteurs et lectrices en apprennent beaucoup sur la vie de Mathieu Da Costa et la colonisation du Canada dans cette biographie romancée. J’ai beaucoup aimé! Il existe peu de livres sur la contribution des personnes noires à l’histoire du Canada, et ce roman en est un très bon. Enseignants, ce livre sera un bel ajout à votre bibliothèque de classe. Ce livre est presque épuisé; commandez-le vite avant qu’il ne soit trop tard!

Mathieu Da Costa: Premier interprète d’origine africaine en Nouvelle-France
AUTEUR(S): Diane Groulx & Jocelyn Jalette
ÉDITION: Éditions du soleil de minuit, 2013
ISBN: 9782924279021
PRIX: 9,95$
7 À 11 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Un petit grain de sable: Olivier Le Jeune, premier esclave au Canada, À la découverte du Canada: L’héritage noir ou Les enfants de la Nouvelle-France, trois livres jeunesse traitant de la présence noire au Canada, de la colonisation à nos jours.

Zoé: Championne des cas ratés

Rien ne résiste à Zoé. Surtout quand elle a une idée en tête. Aujourd’hui, elle a décidé d’organiser un anniversaire surprise à sa maman. Mais quand tu es sans un sou et que tu ne comptes que sur tes idées, pas certain que ça soit une bonne idée. Les catastrophes vont se succéder, sans jamais arrêter Zoé !

La lecture de ce roman m’a été pénible!! 😬 J’ai hésité à le lire parce qu’en général, je n’aime pas les romans jeunesse en gros caractères. Et en le feuilletant vite-fait une première fois, je suis tombée sur un passage dans lequel on parle de « tous les chauffeurs de taxi haïtiens » (p.26). Sur le coup, je n’avais pas pu m’empêcher de lever les yeux aux ciel. Encore le cliché des chauffeurs de taxi haïtiens montréalais. Comme s’il fallait justifier la présence des hommes noirs à Montréal, du style « ah, oui, ben ce sont des chauffeurs de taxi! » ou qu’on ne les retrouve pas dans d’autres sphères du monde du travail.

Mais bon. Je n’arrêtais pas de le voir à la bibliothèque, donc finalement, je me suis lancée. Le personnage principal, Zoé, est une petite fille métissée dont le père est noir et la mère, blanche. Elle décrit sa famille ainsi:

« J’ai une drôle de famille multicolore. Papa est comme le café noir et maman, comme le pot de lait. Moi, je suis un mélange des deux. La petite tasse de café au lait. » (p.28)

J’en ai un peu marre de ce genre de description de la couleur de peau des personnes noires avec de la nourriture. Du chocolat, du café, du café au lait… Jamais on ne décrit les personnages blancs de cette manière, genre « J’ai la peau couleur guimauve » ou encore « j’ai une drôle de famille blanche: ma mère et mon père sont blancs! ». 🙄 Parce que les peaux blanches sont perçues comme la norme, la base, ne nécessitant pas de description particulière. Au fond, peut-être que cette analogie avec le café au lait ne m’aurait pas autant dérangée s’il n’y avait pas tous ces autres passages problématiques dans le roman. Continuons.

Revenons au père de Zoé un petit moment. Ce n’est pas dit explicitement dans le texte, mais plusieurs éléments nous laissent supposer qu’il est haïtien: son garage est fréquenté par la communauté (même si ce n’est quand même pas un prérequis), il écoute des chansons haïtiennes et il parle créole. Sauf que le créole dans le texte ne fait AUCUN SENS. En page 88: « Pas rim neux » est traduit par « ne ris pas de moi ». Pourtant, ça ne veut absolument rien dire en créole haïtien. En p.123, on peut lire les paroles d’une chanson en « créole »: « Mé té a libewté, ja pran tan résilié. Haitie Chérie, la vi pas fini ». Déjà, Haïti en créole s’écrit Ayiti et le « e » à la fin du nom du pays, je sais pas ce qu’il vient faire là. Après, le reste, c’est carrément du charabia. Je devine qu’on a voulu en faire une chanson sur la liberté et la résilience, mais, seigneur, l’auteure aurait dû faire l’effort demander à un créolophone de relire son texte. De plus, on retrouve çà et là dans le texte quelques interjections et mots créoles utilisés très maladroitement par le père de Zoé. Ça sonnait très faux parce que ce n’est pas comme ça qu’une personne haïtienne utiliserait ces interjections et ces mots. Vers la fin du roman, une bannière de fête est installée à l’envers par accident et l’amie (blanche) de Zoé lui demande si c’est du créole. 🤦🏿‍♀️ Bref. Est-ce que quelqu’un a effectué une relecture de ce roman pour s’assurer que ce genre de représentation problématique ne se retrouve pas sur les tablettes de nos librairies??

Ce n’est pas tout. L’une des gaffes de Zoé est de maquiller son père en clown alors qu’il dort, car elle prépare l’anniversaire de sa mère. Elle lui met un « grand sourire jaune jusqu’aux oreilles, un nez blanc et de grands triangles verts et orange autour des yeux » (p.128). Une fois terminé, voici ce qu’on peut lire et voir dans le roman (attention, ça va faire mal):

Ça, c’est une femme blanche (l’auteure) qui associe cheveux crépus à chevelure de clown. Si j’ai bien compris, les cheveux crépus sont des cheveux de clowns. C’est bien ça? 😬 Ce genre de représentation me rend en colère et me blesse. Sait-elle que des personnes dans la vraie vie ont naturellement les cheveux crépus? Comment sommes-nous sensés nous sentir en tombant sur ce passage dans son livre?

Parenthèse: La grande sœur de Zoé a été adoptée de Chine avant sa naissance. En p. 270, alors que l’anniversaire de la mère a finalement lieu, Zoé souligne que « même [sa] Chinoise de sœur a eu envie de participer. » Sauf qu’elle n’est pas Chinoise, elle est Canadienne. Quel manque de délicatesse.

Le texte, plutôt insipide, utilise le langage familier. On y retrouve même le mot « bordel » (dans le sens de « désordre »). D’accord, les gens utilisent beaucoup ce mot en langage familier, mais c’est quand même assez vulgaire. Je n’aurais pas mis ça dans un livre pour enfants.

Dernière chose. Sur leur site, les éditions La Bagnole présentent le livre comme « une série pour jeunes filles avec beaucoup d’action et encore plus de catastrophes ». C’est quoi ce besoin de genrer les lectures??? Les livres « pour filles », les livres « pour garçons »… c’est agaçant. Un garçon ne peut-il pas lire et aimer un roman dans lequel le personnage principal est une fille? Franchement… 🤦🏿‍♀️ Ne perdez pas votre temps avec ce livre. Non recommandé.

Pour commander ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

Zoé: Championne des cas ratés
AUTEUR(S): Catherine Girouard & Vannara Ty
ÉDITION: La Bagnole, 2018
ISBN: 9782897142384
PRIX: 14,95$
8 à 11 ANS

Voici d’autres livres jeunesse avec des représentations raciales problématiques:
Un été au chalet (éditions Les Malins), Il faut sauver Nikili! (Oskar éditeur) et Des mensonges dans nos têtes (Mosaïc éditeur).

Les enfants de la Nouvelle-France

À travers onze portraits d’enfants, le lecteur est invité à explorer les multiples aspects de la vie en Nouvelle-France, à différentes époques, tels que : la traversée de l’Atlantique à bord d’un grand voilier, la prise de possession du territoire, l’économie, les vêtements, la médecine.

Ce livre pour la jeunesse s’intéresse à la vie quotidienne en Nouvelle-France. Par biais de témoignages fictif de différentes personnes mineures, on apprend comme la colonie du Bas-Canada s’est formée. Le premier témoignage est celui d’une jeune fille Wendat vivant dans une maison longue. Elle parle de son héritage Iroquoien, des similitude et différences entre son peuple et celui des Pétuns, des Neutres et des Ériés. Elle parle aussi de son repas préféré, la soupe de maïs et de ses vêtements traditionnels. Son témoignage est suivi d’un dossier sur la présence autochtone en Nouvelle-France. On retrouve aussi un témoignage fictif d’un jeune autochtone domicilié converti au catholicisme. Malheureusement, le terme « domicilié » n’est pas défini dans le livre et le lecteur ne parvient pas à accéder au sens de son témoignage: Il se dit autochtone, mais il est catholique, il il a volontairement quitté ses terres ancestrales et accepte de faire la guerre auprès des Français. Pourquoi? Comment? Bref, ce témoignage soulève beaucoup de questions auxquelles le lecteur ne trouve pas de réponses dans le livre. Quelle occasion ratée d’aborder la question des réserves, des missionnaires et des impacts de l’acculturation des peuples autochtones.

Dans Les enfants de la Nouvelle-France, il y a également un témoignage fictif d’une jeune esclave nommée Marie. J’ai été agréablement surprise de retrouver ce passage car les livres d’histoire du Québec et du Canada passent trop souvent sous silence le passé esclavagiste du pays, comme si l’esclavage n’y avait jamais eu lieu. Or, il y avait des esclaves au Canada au XVIIIe siècle — jusqu’à 2000 à son apogée. Il y avait des esclaves au Québec et il y avait des esclaves à Montréal. J’aurais toutefois aimé que le témoignage de Marie soit complété par un dossier sur l’esclavage en Nouvelle-France, comme cela a été le cas pour d’autres témoignages dans le livre. Il y aurait tant eu à dire! La provenance des esclaves, les esclaves autochtones, les esclaves africains, leur nombre, leur traitement, les résistances, le travail forcé qu’ils.elles effectuaient, leurs déplacements sur le territoire (par exemple en Nouvelle-Écosse), les ventes d’esclaves sur le territoire canadien, ou encore le profil de propriétaires d’esclaves comme Peter McGill (fondateur de, vous l’aurez deviné, la prestigieuse université McGill à Montréal). Dommage.

Malgré tout, le livre est assez informatif et les jeunes lecteurs se familiariseront avec l’histoire de la Nouvelle-France. Une table des matières et un index facilitent la recherche.

Les enfants de la nouvelle-France
AUTEUR(S)
 : Pierre-Alexandre Bonin, Gilbert Desmarais & Caroline Soucy
ÉDITION: Bayard Canada, 2020
ISBN: 9782897701543
18,95$
10 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Voici Viola Desmond, À la découverte du Canada: L’héritage noir ou Le grain de sable: Olivier Lejeune, premier esclave au Canada, trois livres jeunesse documentaires pour en connaître davantage sur l’histoire de la présence noire au Canada.

Connais-tu? Rosa Parks

Connais-tu Rosa Parks, la courageuse femme noire qui a refusé de céder son siège à un homme blanc dans un bus en 1955? Celle qui est ainsi devenue un symbole légendaire de la lutte pour l’égalité des droits des Noirs aux États-Unis? La militante qui s’est battue toute sa vie aux côtés de leaders comme Martin Luther King, contre le racisme et la discrimination envers les Noirs? La première Afro-Américaine à avoir sa statue au Capitole, à Washington?

Qui ne connait pas la collection Savais-tu? et, plus récemment, la collection Connais-tu? mise sur pied par la maison d’édition Michel Quintin? Ces collections, adorés des enfants, m’est demandée presque tous les jours à ma bibliothèque par les élèves du primaire. Ils aiment son petit format, la familiarité qu’il ont développé avec les collections, et les pages de bandes dessinées à l’intérieur. 

En voyant « Connais-tu Rosa Parks? » chez le libraire, je me suis demandé comment les auteurs allaient réussir à garder l’humour si caractéristique à la collection pour aborder la lutte pour les droits civique aux États-Unis. C’est un pari réussi puisque ce livre s’est révélé à la fois instructif et humoristique. On retrouve par exemple un petit rat anthropomorphisé qui se promène de page en page, ou encore des extraterrestres qui se demandent quand est-ce que les humains comprendront que tous les terriens sont égaux. L’illustrateur s’est aussi amusé à dessiner la jeune Rosa en train d’inverser les affiches « Blancs seulement » et « Pour les Noirs » au dessus de fontaines d’eau et rire de deux femmes blanches qui préféreraient mourir plutôt que de boire l’eau d’à côté. L’humour est donc bien dosé et on ne perd par de vu le propos sensible. Rosa Parks est présentée comme étant une militante engagée plutôt que comme une vieille couturière fatiguée, ce que j’ai bien aimé. Les illustrations sont en noir et blanc et la couverture est souple. Plaira aux élèves de 2e et 3e cycle du primaire! 

Pour vous commander ce livre, cliquez sur le bouton ci-dessous:

Connais-tu Rosa Parks?
AUTEUR(S) : JOHANNE MENARD & PIERRE BERTHIAUME
ÉDITION: MICHEL QUINTIN, 2020
ISBN: 9782897624392
PRIX: 9,95$
7 À 11 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Le bus de Rosa, Les grandes vies: Maya Angelou, ou encore De petite à grande: Rosa Parks.

Au beau débarras: La mitaine perdue

Au beau débarrasCe jour-là, on gèle au Beau Débarras car le chauffage est cassé. Abdou a perdu sa précieuse mitaine. On y trouve un cœur en satin, brodé avec amour par sa maman. Heureusement, au Beau débarras, il y a Kim et Sasha et tous leurs amis qui peuvent l’aider! Danser pour se réchauffer, fouiller dans les mitaines retrouvées, faire la différence entre une moufle et une mitaine ou aiguiser ses talents d’artiste: toutes les solutions sont bonnes pour raviver la chaleur et le réconfort. Personne ne sera laissé pour compte dans ce lieu où tout prend vie!

Cette histoire illustrée donne à voir un catalogue de personnages vraiment éclectiques et fort sympathiques. J’ai aimé les voir défiler au fil de ma lecture, tous à tenter d’aider ce petit garçon qui a perdu sa mitaine. Ce n’est pas le premier livre de Simon Boulerice que je lis et j’ai toujours l’impression que cet auteur écrit les livres qu’il aurait aimé lire étant enfant; il y a une certaine naïveté, une certaine liberté dans ses textes qui me plait beaucoup. Il a une vision tout à fait unique du monde et met régulièrement en scène des personnages minoritaires de par leur genre, leur orientation sexuelle ou, comme c’est le cas ici, leur origine ethnique, sans toutefois faire d’eux des curiosités.  Chapeau! 

Au Beau Débarras est un récit amusant, mais au bout d’un moment, j’ai eu l’impression que l’auteur se perdait dans le récit et perdait de vue le fil conducteur.

Abdou, le personnage principal, est un garçon noir dont on ne connaît pas beaucoup de détails. Mais ce n’est pas le plus important: il a perdu sa mitaine et on souhaite la retrouver tout comme lui! Mentionner au passage son origine ethnique ou s’attarder sur sa couleur de peau aurait été mal venu. C’est un garçon comme un autre. Voilà donc une représentation positive et juste d’un personnage noir en littérature jeunesse. Bravo!

mitaine perdue boulerice 2

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Au beau débarrasBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Simon Boulerice & Lucie Crovatto
ÉDITION: Québec Amérique, 2019
ISBN: 9782764437841
16.95$
6 à 10 ANS

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Vous aimerez peut-être Le pelleteur de nuage, aussi écrit par Simon Boulerice, ou encore Le Carnaval de Malaïka, un livre jeunesse qui se déroule durant la saison hivernale.

le pelleteur de nuages    le carnaval de malaika

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