Émilie est envieuse

C’est le retour du congé de Noël au service de garde aujourd’hui, et tout le monde est excité de montrer ses plus beaux cadeaux aux amis. Surtout Juliette, qui a reçu une si jolie bague! Et Émilie, elle ? Qu’a-t-elle reçu en cadeau? Un livre sur la jalousie.

Ce grand livre aux pages cartonnées débute par un guide à l’intention des parents, des éducateurs et des animateurs écrit par une psychologue. On y apprend comment aborder le sentiment envieux avec les enfants. L’information y est divisée en plusieurs sections: Qu’est-ce que les émotions, que sont la jalousie et l’envie, ainsi que quelques conseils pour animer l’album. C’est très pratique pour les parents à la maison qui ne savent pas comment animer la lecture avec leur enfant, ou encore qui se sentent démunis lorsque leur progéniture fait des crises de jalousie.

Dans l’histoire, Émilie, piquée par la jalousie, vole la bague de son amie. Grâce à son éducatrice, elle comprend le malaise et la culpabilité qu’elle ressent après avoir posé ce geste et le répare. D’autres enfants peuvent avoir d’autres réactions: partir avec la bague à la maison et la cacher, faire une crise pour en avoir une, la briser, se battre, etc. On explique bien avant l’histoire que ces comportements sont possibles et normaux chez des enfants en bas âge, et on suggère de réfléchir avec l’enfant aux conséquences de ces comportements sur les gens qui l’entourent. On met aussi beaucoup l’emphase sur la respiration: si l’émotion est trop forte, il faut prendre conscience de ses émotions, les accepter, et les extérioriser.

Au départ, je n’ai pas trop aimé les pages cartonnées, puis finalement, je me suis dit que ce serait très pratique en animation (facilité à tourner les pages), et cela ajoute à la durabilité du livre (parfait pour les CPE, par exemple).

Le personnage principal de l’histoire est une fille noire. Tout au long de la lecture, on comprend bien se quelle ressent et on s’y identifie. Même si l’histoire est avant tout celle d’une jalousie, l’auteure a pris le temps de donner une personnalité et des goûts à Émilie: elle est d’habitude souriante, est polie, adore danser et aime les jeux vidéo. Elle est aussi honnête car elle ira parler à son éducatrice de l’erreur qu’elle a commise.

On voyant ce livre à la librairie, ma crainte était que, parce qu’il aborde les émotions et que le personnage principal est noir, il y aura un passage où le personnage rougit (de honte, de colère, de malaise, de bonheur ou autre). Et c’est exactement ce qui s’est passé dans l’histoire. Je comprend qu’on veut faire comprendre aux enfants que les émotions se reflètent bien souvent de manière physique, mais pour la millième fois: les personnes noires ne rougissent pas. 🙄 Ça me fatigue beaucoup à chaque fois que je vois ça dans un livre: prendre l’expérience d’une personne blanche et la transposer sur celle d’une personne noire sans se demander si ça s’applique ou pas. Bravo à l’illustratrice pour avoir choisi de faire d’Émilie une petite fille noire sans que la couleur de sa peau soit un enjeu, mais j’aurais aimé une représentation plus réaliste. Peut plaire.

Émilie est envieuse
AUTEUR(S)
 : Martine Latulippe, Nathalie Parent & Bach
ÉDITION: Mammouth Rose, 2020

ISBN: 9782898050213
PRIX: 16,95$
4 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plus ?
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L’alerte au feu

Il fait très chaud dans les modules préfabriqués installés dans la cour, depuis que l’école a fermé pour cause de moisissures. Alors quand l’alarme incendie retentit, les élèves de madame Tzatziki sont bien contents de profiter de l’exercice pour prendre l’air. Seulement voilà, l’incendie était bien réel, et Marie et son ami Mustapha sont convoqués chez le directeur. Qui a déclenché le feu ? Est-ce Marie avec le grille-pain de la cantine ? Ou bien Marin, qui cherchait à éviter le contrôle de maths ? En voulant effacer les preuves du délit, les trois amis vont de surprise en surprise…

J’aime beaucoup le livre Le voleur de sandwich et je le recommande souvent aux enseignants qui visitent ma bibliothèque. L’alerte au feu est la suite tant attendue de ce roman drôle et intriguant, mais rassurez-vous, les deux livres peuvent très bien se lire de manière indépendante. Si vous n’avez pas lu Le voleur de sandwich, vous n’aurez aucun mal à apprécier L’alerte au feu.

On suit Marie et ses deux copains, Marin (dont elle est secrètement amoureuse) et Mustapha. Lorsqu’elle et Mustapha sont convoqués chez le directeur, celui-ci leur fait clairement comprendre qu’il les soupçonne d’avoir mis le feu à l’école. Les deux enfants auront plus tard une conversation à ce sujet dans la cours de récréation: Et s’il étaient soupçonnés seulement parce que Mustapha est noir et que Marie est une fille??

J’ai aimé le personnage de Mustapha: Nerveux, il se ronge les ongles et suit les règles à la lettre. Il est très inquiet à l’idée d’être accusé de pyromanie à cause de sa couleur de peau. Bon ami, il aidera tout de même Marie à accéder à l’école hors des heures de classe, même si c’est interdit. Il pensera même à apporter de l’équipement pour les protéger des champignons dans l’école et dissimuler leurs traces. Il a un rôle important dans l’histoire et sa présence reflète celle des enfants racisés dans les écoles québécoises.

Le livre mélange les genres et passe sans tracas de la bande dessinée à l’album illustré. C’est un livre hybride, à la présentation matérielle de qualité et à l’histoire pleine de suspense. J’ai adoré! Idéal pour les classes de primaires: les élèves adoreront!

Coup de cœur!

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L’alerte au feu
AUTEUR(S)
: André Marois & Célia Marquis
ÉDITIONLa Pastèque, 2020
ISBN: 9782897770938
PRIX: 18,95$
7 à 11 ans

Comment transformer une banane en vélo

Afin d’être la meilleure version de soi-même, à la fois pour les autres que pour la planète, Comment transformer une banane en vélo propose une fable sur l’entraide entre voisins et l’échange de biens selon leur valeur insoupçonnée. Car pour le jardinier en sueur, une crème glacée vaut bien plus qu’une vieille tondeuse! Menée par la témérité des enfants, cette fable prouve qu’il est possible de changer de vieilles habitudes et de faire une différence dans son entourage. L’oeuvre fait la promotion de la transition écologique, d’une société zéro déchet et des mouvements citoyens.

Trouver un album illustré dans lequel les personnages ne sont pas tous blancs est tellement rafraîchissant! Dans Comment transformer une banane à vélo en particulier, l’illustratrice Ravy Puth a utilisé de magnifique couleurs pour la peau des personnages: marron riche, beige-foncé, jaune enflammé, brun-rougeâtre, beige-rosé, etc. Ainsi, chaque personnage a une couleur de peau différente, incorporant divers degrés de rouge, de brun, de jaune, de rose, de rouge ou d’orangé. Cela m’a fait pensé à la fantastique série de portraits d’Angelica Dass qui capture la pluralité des teintes de peaux et l’absurdité de la classification raciale en une poignée de catégories restrictives qui, au final, ne veulent rien dire puisque des personnes de races différentes se retrouvent à être de la même couleur de peau. Bref, les personnages de cet album ont des traits très diversifiés: des cheveux droits ou bouclés et des yeux ronds, longs ou petits. Au delà de la couleur de peau des personnages, le style d’illustration m’a également beaucoup plu! Quel beau choix de couleurs pour les paysages! L’illustratrice a vraiment créer des textures intéressantes dans les nuages, le gazon et les tissus.

Le texte est charmant et la répétition le rend très agréable à raconter à voix haute. J’ai aimé la manière dont le couple du bout de la rue est décrit: « L’horrible monsieur Landry habite au bout de la rue avec son-épouse-pas-si-horrible-que-ça, Louisa. Pas d’enfants, pas d’animaux, que l’horrible vieux monsieur Landry et son-épouse-pas-si-horrible-que-ça. Tous les gens du voisinage savent qu’il ne faut pas les déranger. » Ça crée tout de suite un image dans sa tête assez forte et on imagine déjà la relation qu’il y a entre ces deux-là et leur entourage. Par quelques phrases seulement, l’auteure parvient à créer tout un univers. Simple et efficace.

Cette fable écologique véhicule des valeurs de protection de l’environnement, de camaraderie, de partage et de débrouillardise. J’ai adoré! 

Comment transformer une banane en vélo 3

Coup de cœur! 

 

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Comment transformer une banane en véloBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Jerry Dougherty & Ravy Puth
ÉDITIONKATA, 2020
ISBN: 9782925077008
PRIX: 22,00$
4 À 8 ANS

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Mes deux mamans à moi

Mes deux mamans à moiCette semaine, c’est la fête des Mères et moi, je suis chanceux, car j’en ai deux. « Madame Luce, pourquoi on dit tout le temps que ça prend un papa et une maman pour faire des bébés? Isaac, lui, il a deux mamans et il a été un bébé. » Madame Luce regarde Layla. Elle tourne la tête de droite à gauche et fait une moue en levant les yeux au ciel. Elle plisse le front. Elle ouvre la bouche puis la referme. Elle se gratte la tête. « D’accord, écoutez bien, les enfants… »

Il existe peu de livres jeunesse qui abordent positivement et dans un langage accessible aux enfants le thème de l’homoparentalité. Mes deux mamans à moi, publié aux éditions Boomerang, réussit à expliquer simplement comment deux femmes peuvent avoir un enfant en utilisant une analogie entourant les animaux. L’auteure ne craint pas de nommer les choses: utérus, spermatozoïde, ovule. À travers les questions des enfants, l’enseignante de l’histoire parvient à normaliser la famille homoparentale d’Isaac:

  • Avoir deux mamans, est-ce que cela veut dire avoir aussi deux papas?
  • C’est comment, avoir deux mamans? (C’est comme avoir une maman, deux fois. Tout simplement!).
  • Isaac était-il dans les deux ventres de ses mamans en même temps?
  • Pourquoi on dit tout le temps qu’il faut un papa et une maman pour faire des bébés?
  • Comment ça marche, quand c’est deux papas?

L’une des mamans de l’histoire a le teint brun, mais sa couleur de peau n’est pas importante dans l’histoire. J’aurais aimé retrouver un dossier pour outiller les adultes accompagnateurs sur comment aborder l’homoparentalité avec les enfants en fin d’album. La présentation matérielle est assez fragile: le livre est tout simplement broché en son centre. Intéressant et pertinent tout de même. À lire!

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Mes deux mamans à moiBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Brigitte Marleau
ÉDITIONBoomerang, 2020
ISBN: 9782897093891
Prix: 9,95$
3 à 6 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Jason et la tortue des bois, un roman jeunesse dans lequel un garçon a deux mamans. Essayez aussi C’est ta vie! L’encyclopédie qui parle d’amour, d’amitié et de sexe aux enfants.

jason tortue des bois    C'est ta vie encyclopédie amour amitié sexe

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Si on était…

Si on était...Depuis la nuit des temps (8 ans), Marie et Nathalie s’adonnent à leur jeu bouche-trou préféré : le Si on était. L’exercice est assez simple ; une personne nomme un sujet – admettons « les fruits » – et les participants doivent ensuite s’imaginer quel fruit ils seraient. Un jeu facile à jouer mais extrêmement difficile à maîtriser, car voyez-vous, si le sujet est nul (comme les fruits) ou si les participants ont des faiblesses au niveau de l’imagination, ce jeu devient rapidement encore plus plate que de fixer le vide. Heureusement, Marie et Nathalie sont des expertes en la matière et même après 8 ans, elles parviennent à se renouveler constamment.

Quelle bande dessinées rafraîchissante! J’ai adoré le format: ces petites scènes du quotidien entre deux meilleures amies, chacune ayant une personnalité totalement opposée de l’autre. Les dessins m’ont beaucoup plu aussi: les expressions faciales sont toujours réussies et la mise en page est dynamique. De la grande BD! Les gags sont efficaces et j’ai lu ce premier tome d’une traite avec un sourire en coin. Même s’il s’agit avant tout de petits moments croqués ça et là, l’auteure a tout de même réussi à développer admirablement ses personnages: Marie gagnera en maturité et Nathalie apprendra à vivre pleinement son homosexualité. Par contre, au bout d’un moment, ça devient répétitif: Le jeu, « si on était » est bien sûr au centre du récit, mais j’ai vraiment eu l’impression que la lecture est beaucoup plus digeste à petite dose, par exemple une fois par semaine en ligne ou bien une fois par mois dans un magazine. Ce n’est pas pour rien: L’auteure a d’abord publié sur son site en ligne les aventures de Nathalie et Marie. Puis, elles ont été publiées dans le magazine québécois pour adolescents Curium mensuellement. Malheureusement, le transfert en format relié est un peu boiteux par moments. Le texte est aussi écrit très petit, ce qui rend la lecture difficile. Dommage.

Dans ce duo de meilleures amies, il y a Marie, une fille noire aux cheveux courts, exubérante, pleine de confiance et impulsive. Axelle Lenoir a très bien campé ses personnages qui nous apparaissent comme étant authentiques. Elles parlent comme on parle ici, avec des québécismes et des tournures de phrases vraiment rigolotes. De la BD québécoise assumée, je dis OUI! Si on était… est une très bonne série à découvrir.

Si on était 3
si on était 2
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Si on était…Bouton acheter petit
AUTEUR(S) : Axelle Lenoir
ÉDITION: Front Froid, 2019
ISBN: 9782924455081
Prix: 21,95$
13 ans et plus

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Vous aimerez peut-être La petite suceuse ou encore The Boondocks: Parce que je sais que tu ne lis pas le journal… deux bandes dessinées écrites par des auteurs noirs.

petite suceuse    boondocks

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La promesse du fleuve

La promesse du fleuveOdilon rêve de trouver Terre promise, une île dont lui parlait sa mère autrefois, et où il pourrait vivre en paix avec sa sœur Babette. Pour échapper à la guerre contre les hommes-oiseaux, ils embarquent tous les deux sur le radeau d’un poète qui descend le fleuve en quête d’aventure. Ils découvrent ensemble des lieux merveilleux et effrayants et des compagnons différents et victimes d’exclusion.

Quelle belle découverte! J’ai été transportée dans l’univers d’Odilon et Babette dès les premières pages. J’ai aimé le voyage des personnages principaux, les rencontres qu’ils ont faites en cours de route et les diverses populations rencontrées. Très tôt dans l’histoire, les deux enfants feront la connaissance de Dammal, un poète à la recherche de nouveauté et d’inspiration dans sa vie. Alors que Dammal part à la recherche de quelque chose, Odilon et Babette fuient quelque chose. Cet état de fait fera d’eux de bons compagnons de voyage alors qu’ils se déplacent sur le fleuve. L’eau est d’ailleurs omniprésente dans le récit et nous accompagne jusqu’à la fin.

L’un des premiers endroits où s’arrêteront les protagonistes sera une ville assez étrange qui n’accueille pas bien les étrangers. La première description de Dammal arrive d’ailleurs en page 33 alors qu’ils doivent demander un permis pour pouvoir circuler librement dans cette ville à une employée responsable de l’émission desdits permis. Celle-ci n’a pas de problème à émettre une demande d’intégration pour Odilon et Babette (deux enfants blancs), mais voit d’un mauvais œil que l’homme veuille s’installer ici:

Elle regarde Dammal en haussant un sourcil. Il est trop grand, trop maigre, avec des pommettes trop saillantes. Sans parler de ses cheveux crépus qui forment une boule autour de sa tête. Paule n’en a jamais vu de pareils. Mais, surtout, le noir de sa peau contraste avec cette ville si blanche. (p.33)

L’employée (Paule), sera d’ailleurs soulagée d’apprendre que Dammal ne veut que visiter la ville et non pas s’y établir. Cette situation est annonciatrice du climat toxique et raciste qui sévit dans la ville, alors qu’on fera la rencontre de deux jeunes filles amoureuses que les citadins lapident en pleine rue à cause de leur orientation sexuelle. Babette, Odilon et Dammal ne s’attarderont pas plus que nécessaire dans cette ville inhospitalière et amèneront les amoureuses avec eux dans leur périple.

C’est donc l’histoire d’un voyage, mais la finalité de celui-ci est plutôt flou au début. Je me suis demandée à une ou deux reprises où est-ce que l’auteure s’en allait avec tout ça. Heureusement, le récit se resserre assez rapidement et la galerie de personnages attachants rend la lecture somme toute agréable. Par contre, aucun personnage ne se démarque vraiment. Des les premières lignes, ont suit Dammal, mais dès l’arrivée de Babette et Odilon, il s’efface derrière les deux enfants. J’aurais voulu qu’il soit plus affirmé et garde son statu de personnage principal.

Le récit véhicule des valeurs de tolérance à la différence et l’importance d’apprendre à connaître une personne avant de la juger. Le rythme est bien soutenu et on n’a pas du tout le temps de s’ennuyer en lisant ce livre. Celui-ci plaira aux amateurs de quêtes, de récits de voyage et d’histoires fantastiques. À découvrir!

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La promesse du fleuveBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Annie Bacon
ÉDITION: Castelmore, 2019
ISBN: 9782075123761
Prix: 9,99$
11 à 15 ANS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être L’attaque des cubes ou encore Horizon: L’écrasement, deux romans d’aventure pour les bons lecteurs.

L'attaque des cubes Marine Carteron    Horizon 1 L'écrasement

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Le grain de sable: Olivier Le Jeune, premier esclave au Canada

grain de sableOriginaire de l’île de Madagascar, Olivier Le Jeune arrive dans la ville de Québec en 1629 en tant qu’esclave. Il avait 10 ans. Au-delà de son statut d’esclave, il est la première personne d’origine africaine à habiter de manière permanente au Canada. Ce livre, inspiré de ce qu’il a réellement vécu, suit le parcours d’Olivier Le Jeune, de sa capture à Madagascar jusqu’à son arrivée dans la ville de Québec. On apprend comment il a pu s’adapter à sa nouvelle réalité dans les débuts de la Nouvelle-France.

Vous avez sans doute déjà entendu parler de Webster. Il est un artiste hip-hop qui se passionne pour l’histoire, notamment celle de la présence noire et de l’esclavage au Québec. Il offre des ateliers dans les écoles (et les bibliothèques!), anime des émisions culturelles et a mis sur pied les tours guidés de la ville de Québec à propos de la présence des Noirs dans la capitale québécoise. Quand j’ai su qu’il avait écrit un livre jeunesse, j’avais très hâte de le lire.

Ce livre de 80 pages d’une qualité indéniable dévoile un pan de l’histoire méconnu au Québec. Il représente bien le devoir de mémoire. Certains passages sont assez cru; on ne tente pas de romancier l’esclavage ici. La plume de Webster est solide, précise, et les illustrations de Valmo prennent à l’occasion le relais pour raconter cette histoire troublante. Le texte se lit comme un poème. On retrouve en fin d’ouvrage un glossaire faisant la liste des mots que les jeunes lecteurs pourraient ne pas connaître, ainsi qu’une biographie d’Olivier Le Jeune et d’une liste d’ouvrages de référence. À noter que le livre peut très bien être exploité avec des élèves du 2e et 3e cycle du primaire, ou du secondaire.

Enseignants, voici quelques idées d’exploitation en milieu scolaire:

  • Préparez une intention de lecture: Que cherche-t-on à savoir en lisant ce livre ? Laissez les élèves répondre (des réponses intéressantes seraient: Qui était Olivier Le Jeune? D’où venait-il? Que lui est-il arrivé? À quelle époque se déroule l’histoire en en quoi cela influence le récit? etc.)
  • Explorer l’importance des illustrations comme procédé narratif. Les pages 18-19, 28-29, par exemple, font avancer l’histoire sans l’usage de mots. Comme est-ce possible?
  • Demandez à vos élèves d’effectuer une recherche à la bibliothèque sur l’île de Madagascar, sur la Nouvelle-France, sur les Jésuites, sur la traite des fourrures, ou sur les conditions de vie des noirs durant l’esclavage.
  • En cours de français, vous pouvez faire un atelier de Slam et jouer avec les mots et le rythme de la langue avec vos élèves.
  • Créez une boîte de mots nouveaux issus du livre à laisser dans votre classe. De temps en temps, vous pouvez piger un mot nouveau et mettre au défi vos élèves de l’utiliser au courant de la journée (ou de la semaine).
  • À la fin d’une lecture commune en classe, interrogez vos élèves: Qu’ont-ils appris? Y a-t-il des choses qui les ont surpris? Auraient-ils aimé une fin différente? Connaissent-ils d’autres livres qui traitent de l’esclavage?

Coup de coeur! 

Webster est un artiste et activiste canadien. 

webster

Coup de coeur! 

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Le grain de sableBouton acheter petit
AUTEUR(S) : Webster & Valmo
ÉDITIONSeptentrion, 2019
ISBN: 9782897910815
Prix: 19,95$
8 ans et plus

Ce livre vous a plu ?
Vous aimerez peut-être La détermination de Viola qui retrace le parcours de vie de Viola Desmond, une femme noire qui a refusé de quitter l’espace réservé aux Blancs dans un cinéma canadien. Essayez aussi À la découverte du Canada: L’héritage noir.

détermination viola desmond    héritage noir canada

 

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Les chiffres de Maya

Chiffres de maya québec amériqueAvec ses 10 doigts, son grand cœur, ses neuf amis ou ses deux parents; pendant les 7 jours de la semaine, aux quatre points cardinaux ou en regardant les étoiles… Maya apprend à compter jusqu’à 10.

J’admets que ce livre m’a laissée plutôt indifférente. Les choses que compte Maya n’ont pas vraiment de lien entre eux : dix doigts, neufs amis reçus à son anniversaire, les huit tentacules d’une pieuvre, les sept jours de la semaine, etc. Maya semble vivre sur une île déserte avec ses parents et on ne sait pas trop pourquoi (les neuf amis reçus à son anniversaire sont en fait des animaux). On retrouve la pieuvre et ses huit tentacules de page en page, sans toutefois que cela n’ajoute un intérêt particulier au niveau de la lecture. Le format à l’italienne ne se prête pas vraiment bien au livre car les illustrations on plutôt un cadre resserré (il aura été bien que le long format du livre-objet donne à voir les beaux paysage de l’île où vit Maya…). Parfois même la mise en page peu équilibrée laisse entrevoir un fond beige fait de coquillages ou encore des vignettes sans grand intérêt. Le texte est très simple et n’offre pas un champ lexical intéressant, par exemple concernant les îles (pourquoi pas!). Bref, le livre n’est pas mauvais, il est simplement inintéressant. Dommage. Cela dit, Maya est une petite fille métisse et à la fin du livre, on aperçoit sa maman qui est noire et son papa qui est blanc. Un bon coup pour la représentation des personnes racisées en littérature jeunesse !

Auteur(s) / illustrateur(s) : Martine Latulippe & Fabrice Boulanger
Maison d’édition: Québec AmériqueBouton acheter petit
Année de publication: 2019
ISBN: 9782764439135
Public cible: 3 à 5 ans
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Le jardin de Clara

 

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Risette et rigolade

risette et rigoladeCollection des histoires de Mona, une singulière marmotte affublée de lunettes porte-crayons qui, sous l’effet de plantes magiques cueillies dans le « jardin des alphines » trouve son inspiration pour écrire contes et comptines. Des textes à saveur didactique et aux accents psychédéliques sur le thème des lettres de l’alphabet. Dans ce numéro: la lettre « R ». Irma Brindamour reçoit son amie Mérilise, qui découvre la cabane à suce et les concours de grimaces!

Publié en  2002, ce tout petit livre date déjà un peu. Les illustrations très vintage m’ont rappelé les livres que je lisais enfant ! Dans cette histoire, on retrouve Mérilise, une fille noire qui semble être de passage dans la ville où se déroule l’histoire. On ignore si elle vient d’un autre pays ou si elle vient tout simplement de la métropole québécoise (car oui, aller à la cabane à sucre peut être tout un dépaysement pour les montréalais!) Extrêmement jolie, Mérilise porte une magnifique coiffure sur ses cheveux crépus. Elle est drôle et de bonne compagnie. Les autres personnages l’aime bien ! Bien qu’il soit possible de lire ce livre sans avoir lu les précédents, quelques informations nous échappe quand même si nous n’avons pas lu les numéros 1 à 14 de la série. Les enfants de 7 ans pourront lire ce livre seul. On retrouve en fin de livre un glossaire des mots difficile ou typiquement québécois et une comptine qui plaira aux plus jeunes de 4-5 ans.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Céline Côté
Maison d’édition: Éditions De Mortagne
Année de publication: 2002
ISBN: 9782922762310
Lectorat cible: 4 à 8 ans

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Mortelle Adèle : Funky Moumoute !

Mortelle Adèle Funky Moumoute« Chouette, on part en vacances ! Et pas n’importe où, on décolle pour le Canada ! Je vais rencontrer ma cousine Charlie, elle est trop tiguidou ! Il paraît même que je suis écoeuraaante et que là-bas c’est un compliment ! J’y comprends rien, mais je sens que ça va être Mortel ! » Adèle et ses parents partent au Québec pour des vacances d’hiver funky moumoute ! Adèle est en bonne compagnie avec sa cousine Charlie et son lapin Jaja, véritable sosie d’Ajax ! Au programme, balades en pleine nature, dressage d’écureuils, malentendus et bêtises en tout genre dans le grand froid canadien !

Quand j’ai commencé à lire la série il y a quelques années, j’ai tellement ri que j’en avais les larmes aux yeux. Mortelle Adèle, très populaire en ce moment auprès des jeunes qui fréquentent ma bibliothèque, me demande tous les jours s’il y a un tome de la série qui est disponible pour le prêt. Il va sans dire qu’ils sont souvent empruntés ! J’aime le ton irrévérencieux de ces livres et les gags, toujours en une ou deux pages, sont efficaces. Cela dit, rendu au quinzième tome, comme c’est le cas ici avec « Funky moumoute », le tout devient assez répétitif: les mêmes personnages assez unidimensionnels se cotoient toujours de la même manière, et le piquant des premiers tomes a perdu son effet. Je n’ai donc pas lu ce livre en riant aux éclats, mais plutôt avec un sourire en coin parfois et une vague impression de déjà-lu.

Dans ce tome des aventures des aventures de Mortelle Adèle, la fillette se rend au Québec avec ses parents pour aller visiter une cousine qui s’est mariée avec un homme noir et qui a eu une enfant, Charlie. Rassurez-vous, Charlie ne sera pas la cible des moqueries habitelles et du ton condescendant d’Adèle. Au contraire, les deux filles s’entendront à merveille ! À aucun moment l’origine ethnique de Charlie ou de son père n’est remise en question dans le récit. C’est plutôt le fait qu’ils soient québécois qui donne lieu à des situations cocasses, comme lorsque le papa mentionne qu’il vont utiliser le « char » pour aller quelque part, et Adèle, adepte de domination mondiale, s’imagine un char d’assaut alors qu’il s’agit en réalité que d’une simple voiture. Les auteurs ont eu le bon goût de ne pas se moquer de l’accent québécois, mais simplement de souligner les expressions québécoises qui ne sont pas toujours comprises par nos cousins français. Et au passage, quelques clichés canadiens ici et là, mais rien d’offensant.

Bref, les amateurs de la série Mortelle Adèle adoreront. Ceux qui ne la connaissent pas pourront tout aussi bien la découvrir avec « Funky moumoute » puisque les tomes peuvent se lire dans le désordre.

 

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Diane Le Feyer & Mr Tan
Maison d’édition: TourbillonBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9791027606023
Public cible: À partir de 9 ans

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