Unis par le jeu : Comment le soccer peut changer le monde

unis par le jeuSéparé de sa famille, Deo vit dans un camp de réfugiés au nord-ouest de la Tanzanie. Il adore jouer au soccer, mais il n’a pas de ballon. Grâce à son ingéniosité, il en fabrique un avec des feuilles de bananier. Un jour, un entraîneur arrive au camp et rassemble les enfants pour une partie de soccer. Deo n’est pas rassuré, car il y a un intimidateur dans son équipe, celui qui s’en prend toujours à lui. Mais le plaisir du jeu et l’esprit d’équipe viendront à bout des tensions, et de cette joie partagée naîtra un sentiment d’appartenance réconfortant et réconciliateur. Inspiré d’une histoire vraie, le récit de Katie Smith Milway démontre comment le jeu peut unir les jeunes et les aider à s’accepter les uns les autres. Ce récit est un excellent point de départ pour aborder le thème de la justice sociale dans le monde.

Au départ, on s’inquiète et on craint pour la vie de Déo. La vie au camp de réfugiés est aussi très dure ! Puis, l’arrivée d’un mystérieux entraîneur de soccer vient illuminer le récit et soudain, ce ne sont que des enfants qui jouent et apprennent le travail d’équipe. D’ailleurs, ce virage vers l’optimiste se remarque aussi dans les illustrations qui deviennent soudain plus lumineuses et colorés qu’au début du récit. Au fil des matchs et des échanges, les orphelins qui autrefois se craignaient, en viennent à rire ensemble et à se faire confiance. Unis par le jeu est une très belle histoire brillamment racontée. Par contre, la mise en page est un peu faible parfois, notamment par l’utilisation d’une typographie si petite et sur un fond trop sombre, si bien que la lisibilités en est affectée. Très bon quand même. Ce termine par un reportage photo et un dossier sur celui qui a inspiré cette histoire et sur le contexte politique qui a donné naissance aux camps de réfugiés au Burundi. Il y a aussi une présentation de sept jeux développés par Right To Play, une organisation dont la mission est de protéger, éduquer et développer l’autonomisation (« empowerment ») des enfants afin qu’ils puissent faire face à l’adversité en utilisant le pouvoir du jeu.

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Katie Smith Milway & Shane W. Evans
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9781443159647
Public cible: À partir de 10 ans.
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Les rois du parc

Les rois du parcDeux enfants, Léanne et Johan, décident de régner sur le parc de loisirs. Ils imposent à leurs sujets des conditions et des règles de jeux… C’est bientôt la guerre déclarée entre les deux souverains pour savoir qui sera maître des balançoires et des toboggans.

Léanne est une petite fille noire au teint foncé. C’est une forte tête qui s’impatiente facilement. Le parc est son royaume, et elle ne compte pas le partager avec Johan. D’ailleurs, les deux enfants ne s’entendent pas sur la division du territoire ! Si de son côté, Johan fait un « plan de conquête », Léanne fait un « MÉGA plan de conquête ». Au fil des pages, les amis du parc s’amusent de moins en moins. Puis, leurs idées de conquête leur montent tellement à la tête qu’un jour, il n’y aura plus rien à conquérir et plus de copains avec qui jouer. Il faudra se réconcilier et apprendre à partager !

J’ai adoré la mise en page de cet album amusant. Les doubles pages, concomitantes, font ressortir l’opposition entre Johan et Léanne. Au final, les deux enfants finiront par élaborer un plan d’excuse, rendre leurs bannières royales et leurs royaumes. La chute, inattendue, fera réfléchir vos petits lecteurs. Et puis, pour aller plus loin, pourquoi ne pas aborder avec eux des sujets tels que les conflits de pouvoir, le ridicule du despotisme, ou encore la réconciliation ? Les Rois du parc est un album vraiment agréable qu’il vous faut lire absolument ! 🙂

Coup de cœur !

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Joseph Kuefler
Maison d’édition: CirconflexeBouton acheter petit
Année de publication: 2018
ISBN: 9782878339420
Lectorat cible: 3 à 6 ans.
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Le carnaval de Malaika

le carnaval de malaikaMalaika est heureuse de retrouver sa mère, même si cela signifie qu’elle doit déménager au Canada où tout est différent. Il y fait froid, les gens ont un fort accent et le Carnaval de Québec ne ressemble en rien à celui que Malaika aimait tant aux Caraïbes! L’adaptation à son nouvel environnement et à sa nouvelle famille risque d’être difficile…

Ce sont d’abord les illustrations qui m’ont charmée dans cet album à couverture souple. Faites de collages, elles sont dynamiques et vibrantes. La qualité de la mise en page est conforme à ce que nous a habitué les éditions Scholastic, et je n’ai pas été déçue !

Le récit est touchant, difficile parfois, et échappe à une interprétation unique. Bien qu’on devine que Malaika vient des Caraïbes, son pays d’origine est gardé secret. On ignore comment sa mère et son nouveau conjoint se sont rencontrés ni depuis combien de temps dure leur relation. Leur mariage arrive comme un cheveu sur la soupe et nous laisse perplexe, comme le perçoit Malaika de son regard d’enfant: Qui es cet homme ? Pouquoi partir ? Pourquoi une nouvelle famille ? Pourquoi un nouveau pays ? Tous ces non-dits ouvrent la porte aux interprétations et aux discussions avec les lecteurs. Cela rend également facile l’identification au personnage. En effet, même un enfant dont les parents sont séparés et qui doit vivre dans une famille reconstituée pourrait se reconnaître en Malaika même s’il ne partage pas l’expérience de l’immigration.

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Le point de vue de la narratrice, tout à fait original, fait également en sorte que les personnages blancs soient perçus comme étrangers. Malaika ne connaît pas le Canada, et encore moins le Québec. Et, si elle parle français, l’accent québécois lui pose parfois quelques problèmes de compréhension ! Le Carnaval, elle connait, bien sûr, mais celui de la ville de Québec n’a rien à voir avec celui de son pays. Malgré tout, Malaika surmonte les difficultés et parvient à s’adapter à son nouvel environnement. Le dénouement est positif. Un très bel album !

Nadia L. Hohn est une auteure canadienne. 

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Auteur(s) / illustrateur(s) : Nadia L. Hohn & Irene Luxbacher
Maison d’édition: Scholastic Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9781443164962
Public cible: 8 à 11 ans
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Moi aussi ! Moi aussi !

Moi aussi moi aussi 2Catherine et Fabiane deviennent très vite de bonnes amies. Plus leur amitié grandit, plus elles découvrent qu’elles se ressemblent. Comme des sœurs ou, pourquoi pas, des jumelles! D’ailleurs, Catherine souhaite tellement être identique à son amie que parfois elle oublie… de dire la vérité.

J’ai bien aimé cet album coloré et frais qui aborde le thème de l’amitié, de l’enfance et de l’affirmation de soi. La meilleure amie du personnage principal, prénommée Fabiane, est une fillette au teint brun et aux longs cheveux crépus qui sont difficiles à brosser. Elle vient du Midi, en France et son accent charme beaucoup les autres élèves de sa classe, dont plusieurs sont noirs. L’amitié entre Fabiane et Catherine est si vive, si belle, si authentique que les enfants n’auront aucun mal à s’y identifier. Le récit, bien mené, intègre des bulles empruntées aux bandes dessinées. Les illustrations colorées nous informent avec subtilité du temps qui passe (par exemple, on remarque les arbres ornés de feuilles vertes au début du livre et les feuilles d’automne vers la fin). Voilà une histoire du quotidien qui se termine bien et que les enfants de 6, 7, 8 ans pourront lire seuls. Très bon !

Moi aussi moi aussi

Auteur(s) / illustrateur(s) : Mireille Messier & Yves Dumont
Maison d’édition: Éditions de la Bagnole Bouton acheter
Année de publication: 2017
ISBN: 9782897142117
Public cible: À partir de 6 ans

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Le chat de madame Sonia

chat soniaMadame Sonia et madame Olga habitent la même rue. Elles adorent aller ensemble à la pâtisserie! Mais lorsque Olga fait une horrible découverte, Sonia n’est plus la bienvenue chez son amie. Surtout pas avec son chat!

Publié dans la collection Le cheval Masqué, Le chat de madame Sonia est un premier roman à lire tout seul dès l’âge de 6 ans. L’intrigue est bonne et même si les personnages sont adultes, les enfants s’y reconnaîtront car eux aussi apprennent à entretenir leurs amitiés et à pardonner des gens qui les ont blessés (même si c’est à cause d’un malheureux malentendu!). Les courts chapitres de 2 à 5 pages, abondamment illustrés donnent un rythme soutenu au récit. De page en page, on veut savoir la suite! À découvrir, pour le plaisir de lire.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Marie Christine Hendrickx & Louise Catherine Bergeron
Maison d’édition: Bayard-canada
Année de publication: 2010
ISBN:9782895792796
Public cible: 6 à 10 ans

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Rougejaunenoireblanche

rougejaunenoireblancheRouge, Jaune, Noire et Blanche ont une cabane dans un arbre. Mais un jour, Rouge s’exclame : « Dorénavant, l’arbre est à moi, la cabane est à moi et tous les jouets aussi! » Jaune, Noire et Blanche se regardent, incrédules. Et Noire sent monter en elle une terrible colère…

Il est nécessaire de partager pour mieux communiquer et préserver ses amitiés. D’accord. Compris. Au delà de cette morale que véhicule le livre (magnifique, d’ailleurs), il y a le thème des différences: raciales, de classe, de genre.

Oui, parce que les quatre amis ont chacune une couleur conférée par leurs habits et par leur nom (Rouge, Jaune, Noire et Blanche). Chacun vit dans une maison de la même couleur que leur prénom également, et leurs mères sont également habillées de cette même couleur. Les couleurs ne se mélangent pas dans cette univers et voilà que Rouge (un garçon blanc) se croit mieux que tous. Voilà qu’il monte au sommet d’un arbre et s’exclame à quel point la vue est belle, sans toutefois laisser la place aux autres et s’autoproclame le chef. Les trois autres ont toutes les raisons de se fâcher, bien sûr… Ceci n’est pas sans rappeler les concepts de privilège, que cet extrait illustre bien:

Non loin de l’étang, il y a un arbre. Rouge veut toujours occuper la plus haute branche pour voir l’étang tout entier. « J’aperçois une maman canard avec ses petits », s’exclame-t-il alors. Ou encore: « Quel magnifique oiseau! Son bec ressemble à une cuillère! » Jaune, Noire et Blanche aimeraient voir les bébés canards et l’oiseau au bec en forme de cuillère, mais ils n’en ont pas le droit. Ils sont obligés de rester sur leurs branches. Comme si l’arbre et l’étang n’appartenaient qu’à Rouge. »

Rouge veut que tout soit de sa couleur car le rouge, c’est mieux, c’est universel. Rouge se croit être le chef, car de toute façon, c’est un garçon et un garçon, c’est mieux qu’une fille pour diriger. Alors que Rouge (blanc et homme, rappelons-nous) a des privilèges que lui confère sa couleur (rouge) et son genre (masculin), Jaune (un garçon noir), Noire (une fille asiatique) et Blanche (une fille blanche) ne peuvent avoir accès à certains de ses privilèges (parce qu’ils sont Noir, asiatique ou fille). Il faudra attendre que Rouge soit rejeté, qu’il réalise qu’il a un privilège et que son attitude ait repoussé les autres, pour qu’enfin les enfants se réconcilient et apprennent à vivre ensemble.

Il s’agit bien sûr de mon interprétation personnelle, les auteurs avaient peut-être autre chose en tête. Cette interprétation me vient parce que je place l’histoire dans la société telle que je la connais, alors que dans le livre, le contexte n’est pas défini. En tant que femme Noire vivant dans une société majoritairement blanche au Canada, mon regard peut être différent des auteurs qui sont blancs vivant en Europe. C’est bien là la beauté de la littérature: Le livre, une fois publié, n’appartient plus aux auteurs, mais au lecteur qui en fera une lecture personnelle.

Parce qu’il laisse place à interprétation, ce livre est parfait pour un groupe scolaire (élèves de 7 à 10 ans), pour un travail d’univers social, d’éthique et culture religieuse ou de français.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Brigitte Minne & Carll Cneut
Maison d’édition: L’école des loisirs
Année de publication: 2001
ISBN: 211081894
Public cible: À partir de 7 ans

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Je ferai extrêmement très attention

1023509-gfLotta, la meilleure amie de Lola, a un manteau tout neuf et moelleux et blanc. Lola en raffole. Lola dit : « On peut faire un échange, si tu veux. Tu peux emprunter mon nouveau sac à main et je pourrais emprunter ton manteau moelleux! Et je ferai extrêmement très attention. » « D’accord, dit Lotta. Mais tu dois absolument le garder tout neuf et moelleux et blanc. »
Mais c’était compter sans les mille et un petits dangers qui peuvent abîmer un manteau tout neuf et moelleux et blanc. 

Lorsque j’ai lu ce livre à une fillette de 4 ans, elle a beaucoup aimé. Alors que je lisais le texte, elle était très occupée à « lire les images », une véritable lecture active de sa part ! Il faut dire que les illustrations sont très belles, mélangeant fusain, collage, photographies et peinture. C’était le premier livre des aventures de Charlie et Lola que nous lisions (je n’avais d’ailleurs pas connaissance de la série télé du même nom). Une livre plaisant à raconter: c’était drôle de changer de voix pour faire parler les personnages. Ici, la meilleure amie de Lola est noire. Le sujet est légèrement superficiel, mais la morale de l’histoire permet d’entamer une conversation sur le partage et le respect de la propriété d’autrui.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Lauren Child
Maison d’édition: La Courte Échelle
Année de publication: 2009
ISBN: 9782896512270
Public cible: À partir de 4 ans

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