Alana et l’enfant vampire

Alana en a assez que ses parents et sa soeur partent gérer les conflits vampiriques sans elle. Alors quand sa meilleure amie Oli lui annonce que Joaô, le nouvel élève de leur classe, est probablement un vampire, elle cherche à en savoir plus. Pour la jeune fille, c’est l’occasion de prouver à sa famille qu’elle est capable de mener une mission à bien malgré ses déficiences physiques.

Que de bon points pour ce roman que j’ai A-DO-RÉ! Déjà, le sujet m’intéressait à la base: j’adore les histoires de vampires (#GenerationBuffy) et celle-ci est particulièrement intéressante. L’autrice offre le bon dosage entre histoire jeunesse et éléments fantastiques. Car oui, Alana et ses ami.e.s vont à l’école et suivent leurs cours, mais entre intérêts pour le monde des vampires, histoire familière particulière et un nouvel élève mystérieux, le surnaturel n’est jamais bien loin.

J’ai lu ce roman durant le mois de Mai qui, pour ceux qui ne le savent pas, est le mois dédié au mouvement #MaiPoils. Je me demandais justement s’il existait des livres ou autres produits culturels où le poil féminin est normalisé. Et BAM!, je tombe sur ce passage d’Alana et l’enfant vampire dans lequel le personnage principal se réfugie dans le vestiaire des filles pour pleurer et est rejointe par Olympe, sont amie:

« Mon amie vient s’asseoir à côté de moi, je baisse les yeux sur nos pieds. Elle porte des chaussettes blanches montantes avec ses baskets de sport. Je remarque que ses mollets sont couverts de fins et longs poils bruns. Je ne sais pas comment elle fait pour ne pas les raser, moi, je supporte par les regards et les remarques des autres. » (p. 55)

Sans jugement de valeur, sans en faire tout un plat, sans remettre en question le fait que oui, les filles pubères ont des poils aux pattes. D’ailleurs, le personnage d’Olympe est intéressant car dès le début, on mentionne qu’elle est souvent prise pour un garçon et que cela ne les dérange pas du tout, ni la principale concernée, ni Alana. C’est comme ça, c’est tout, c’est pas plus grave que ça. Un peu plus loin dans le récit, Olympe discutera de son identité de genre à ses amis (hors texte) et, sans chichis, le « iel » (pronom neutre, contraction du « il » et du « elle ») sera adopté pour faire référence à Olympe. L’autrice adoptera d’ailleurs une écriture neutre à partir de ce moment là, en faisant notamment usage du point médian (ex.: « Oli s’est levé.e de son matelas pour ouvrir doucement la porte » (p.150)) L’identité de genre d’Olympe n’est pas du tout au centre du récit, c’est simplement mentionné, puis les personnages et l’autrice se sont adaptés. C’est tout. J’ai trouvé cette manière d’inclure la diversité de genre dans un récit tout à fait fabuleuse. Je n’ai d’ailleurs encore jamais lu d’autres romans comme celui-là. En connaissez-vous d’autres?

Niveau représentation raciale, on a Joâo, 13 ans, nouvel élève de l’école. Un garçon timide, qui ne parle pas beaucoup et qui ne semble pas très motivé à se faire des amis. On apprendra très rapidement dans l’histoire que son comportement distant s’explique par le fait qu’il est un vampire. Beau garçon, plusieurs filles de la classe tombent sous son charme. On a une bonne compréhension de qui est Joâo et de sa personnalité avant que l’autrice nous le décrive physiquement. J’ai aimé cette approche. Ce n’est qu’en page 38 qu’on peut lire ceci: « Sa peau est marron très foncé, ses yeux sont noirs aux reflets dorés e ses cheveux presque rasés. » Sans tout vous révéler, Joâo aura un rôle important dans l’histoire et fera preuve de courage, de confiance et de bonté.

L’autrice Cordélia mentionne en postface qu’elle avait « à cœur de proposer des personnages diversifiées, qui sortent de la norme qu’on trouve trop souvent en littérature jeunesse ». À mon sens, c’est un pari plus que réussi car non seulement on retrouve beaucoup de diversité dans le livre, mais il déconstruit plusieurs clichés et il normalise les corps ordinaires. Le tout, sans que cela soit forcé! On peut penser par exemple à ce passage où Alana mentionne tout naturellement qu’elle ressent une grande fatigue malgré le fait d’avoir dormi jusqu’à midi la veille, notamment parce qu’elle a ses règles:

Aujourd’hui, c’est samedi. J’ai dormi jusqu’à midi et je suis encore fatiguée. Et puis, j’ai mes règles depuis hier. Les deux premiers jours, ça me met toujours le ventre en vrac, en plus de m’obliger à changer de serviette hygiénique cinq fois par jour. J’erre dans l’appartement en pyjama, à la recherche de quelque chose à me mettre sous la dent, en plus du paracétamol qui calme un peu mes douleurs au bas-ventre. Mamie est sortie, tout est calme. (p. 63-64)

On peut également lire en page 91 où Alana change de serviette et se demande si les vampires sentent le sang des règles. Ce doit être l’enfer pour Joâo car dans tout le collège, il doit y avoir au moins une fille par jour qui a ses règles! Dans le romans, on parle également des douleurs chroniques d’Alana et du handicap. L’autrice Cordélia amène tous ces éléments de manière naturelle et fluide. On en veut plus, des romans comme celui-là! Je prend le temps de mentionner que l’autrice a une très belle plume, limpide et accessible. Un gros, gros coup de cœur pour moi. 🙂 J’espère sincèrement que vous aimerez ce roman autant que moi! Il vaut absolument la peine d’être lu.

Coup de cœur!

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Alana et l’enfant vampire
AUTRICE : Cordélia
ÉDITION: Scrinéo, 2020
ISBN: 9782367408651
PRIX: 29,95$
11 ANS ET PLUS

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Le club des As

Caroline vient d’emménager dans un nouveau quartier et elle se sent un peu seule. Si Karim et Hugo, les rois de la récré, voulaient bien l’accepter, tous les autres élèves deviendraient ses amis. Mais comment faire pour rejoindre leur club hyper secret ?

Il y a dans ce livre d’une quarantaine de pages une histoire estivale autour du vélo, de la découverte de soi et du courage. Mais, et il faut le savoir, il y a aussi des passages sexistes. Caroline vient d’arriver dans un nouveau quartier et souhaite rapidement être acceptée de ses camarades pour se faire de nouveaux amis. Elle a donc repéré dans la cours d’école les deux garçons les plus populaires et respectés, et fera tout pour tenter d’intégrer leur groupe. Toutefois, Hugo et Karim sont tout de go réticents à accepter Caroline: Il n’y a plus de place dans leur club et certainement pas pour une FILLE (p.13)! Tout au long du roman, il y aura ces petites flèches lancées ici et là comme quoi les filles sont moins que les garçons: moins courageuses, moins intéressantes, moins digne de respect. Ça commence en page 6 où on mentionne que « le dernier arrivé au petit bois est une fillette! », comme si être une fillette était une insulte, un statut à éviter à tout prix. Puis, quand les garçons mettront Caroline à l’épreuve de monter au sommet d’un silo, d’en faire le tour et de redescendre (persuadés qu’elle se dégonflerait), la jeune fille les épate par son courage. Mais jamais les garçons ne l’admettront, allant même jusqu’à minimiser son exploit (« ce n’était pas vraiment dangereux, même [mon petit frère] aurait pu le faire! » (p. 28)) Ainsi, les efforts et succès de la jeune fille ne sont jamais suffisants aux yeux des garçons.

Alors que Caroline réussi toutes les épreuves imposées par les deux garçons, ces derniers, jaloux, cessent de lui adresser la parole à l’école. Caroline en subira les répercussions puisque, voyant qu’elle n’est pas acceptée par Hugo et Karim, ces camarades de classe lui tourneront le dos aussi. J’aurais aimé que le roman traite un peu plus de la problématique du rejet et de l’intégration à l’école. En fait, toute l’histoire tourne autour de ces moments passés à vélo dans le quartier. Ça aurait été pour une autre histoire, peut-être.

J’ai aussi été un peu découragée par le fait qu’en réalité, Caroline ne se demande pas vraiment si Hugo et Karim méritent son amitié, ou s’ils sont de bonnes personnes qu’il vaut la peine de fréquenter. C’est comme si le plus important était de les impressionner pour être acceptée, pas d’être soi-même ou de se respecter. Je trouve que ça ne véhicule pas vraiment un bon message. Aussi, on ne reviendra pas en fin de récit sur le contenu sexiste du roman. Je n’aurais pas aimé une morale trop apuyée non plus, mais j’aurais apprécié qu’on mentionne, d’une manière ou d’une autre, que les filles ont autant de valeur que les garçons. Est-ce trop utopiste que de demander ceci d’un livre jeunesse?

Bref, je n’ai pas aimé.

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Le club des as
AUTEUR(S): Milie Goudin-Lopez , Bastien Quignon
ÉDITION: Bayard jeunesse, 2020
ISBN: 9791036312458
PRIX: 10,95$
7 à 10 ANS

Ce livre vous a plu?
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Cluedo: Madame Leblanc

Lutter contre le crime est ta spécialité ? Parfait, car cette fois-ci, tes aptitudes vont être mises à rude épreuve ! Dans la peau de Madame Leblanc, bloquée sur une île en compagnie d’un meurtrier, tu vas devoir faire appel à ton sens de l’observation et de la déduction pour découvrir qui, parmi les cinq invités du Docteur Lenoir, te cache la vérité. Et prends garde ! Si le meurtrier a frappé une fois, rien ne dit qu’il ne recommencera pas sous peu…

Tu es prêt ? À toi de jouer !

Ce roman du type « Livre dont vous êtes le héros » est le 6e de la série Cluedo publiée dans la bibliothèque verte chez Hachette. Chaque tome peut toutefois se lire indépendamment des autres et dans le désordre. J’ai commencé mon incursion dans l’univers du manoir du docteur Lenoir avec Mademoiselle Rose que j’avais lu avec ma nièce de 10 ans à l’époque. On a vraiment aimé l’histoire et la difficulté des choix! J’avais personnellement trouvé mademoiselle Rose un peu superficielle, et certaines scènes un peu matures (comme la fois où Mademoiselle Rose tente d’utiliser ses attributs physiques pour arriver à ses fins), mais le roman était sympa malgré tout.

Dans Madame Leblanc, le personnage principal est beaucoup plus affirmée et débrouillarde. Avocate, Mme Leblanc fait preuve d’un grand esprit de déduction et d’observation. Elle n’hésite pas à prendre sa place. J’ai aimé découvrir ce personnage plus près de mes valeurs que celui de Mademoiselle Rose. J’ai relu l’aventure plusieurs fois en faisant des choix différents et chaque fois, Madame Leblanc reste authentique, intelligente et affirmée.

Le texte est étonnamment bien écrit, avec un vocabulaire recherché et des tournures de phrases assez complexes et satisfaisantes pour les enfants de 10-11-12 ans. Un très bon livre pour initier les enfants aux romans policier! Recommandé!

Cluedo: Madame Leblanc
AUTEUR(S):  Michel Leydier 
ÉDITION: Hachette, 2014
ISBN: 9782012044272
PRIX: 8,95$
10 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être L’attaque des cubes, un roman pour les amateurs de jeux vidéo ou encore Fatou Diallo: détective, un roman pour les enfants. Essayez aussi Braquage sous haute tension, un livre dont tu es le héros.

[INFO] Nouveautés hiver 2020

C’est devenu une tradition: deux fois par an, je partage avec vous les dernières nouveautés de livres jeunesse ayant des personnages issus de la diversité afro-descendante, ou écrits par des auteur.e.s noir.e.s. Je lis de tout, toute l’année, mais il arrive parfois que quelques livres passent à côté de mon radar. Voici donc quelques uns des livres jeunesse arrivés sur les tablettes des librairies au cours des 6 derniers mois ou à paraître très bientôt. Comme à l’habitude, cliquez sur les images des pages couvertures pour placer vos commandes!

Par Mistikrak! Littérature Jeunesse.

Studio danse: Pas de danse pour Alia: Choisir entre la danse et les études, c’est impossible pour Julie, Luce et Alia ! Mais vu ses résultats en mathématiques, Alia va y être contrainte par ses parents. Heureusement, ses deux amies la soutiennent dans cette épreuve. Seule Carla, sa rivale de « Studio Danse », est ravie de la voir s’absenter des cours… Sortie: Novembre 2020.

À la vie, à l’amour: Jack Ellison King rencontre Kate au cours d’une soirée et tombe sous son charme. Il espère vivre une grande histoire d’amour avec elle mais la jeune femme décède. Cependant, il est ramené au tout premier soir de leur rencontre, quatre mois plus tôt. Il peut tenter sa chance à nouveau. Premier roman. Sortie: Janvier 2021.

Positive: Simone est amoureuse de Miles et rêve de faire l’amour avec lui. Hélas, la jeune fille est séropositive de naissance. Elle est prête à lui avouer sa maladie, mais elle hésite, alors que son couple de pères lui recommande la chasteté. Un mot trouvé dans son casier lui adresse un ultimatum. Si elle ne renonce pas au jeune homme, son secret sera dévoilé publiquement. Premier roman. Sortie: Janvier 2021.

Les abysses: Lors du commerce triangulaire, quand une femme tombait enceinte sur un vaisseau négrier, elle était jetée à l’eau. Mais en fait, toutes ces femmes ne sont pas mortes. Certaines ont survécu, se sont transformées en sirènes et ont oublié cette histoire traumatique. Un jour, l’une d’entre elles, Yetu, va leur rappeler. Sortie: Novembre 2020.

Babel Corp. Genesis 11: À bord du vaisseau Genesis 11, Emmett, issu d’un quartier pauvre, participe à un jeu de survie avec d’autres adolescents défavorisés. Au bout d’un voyage d’une année, seuls les huit meilleurs pourront débarquer sur une planète mystérieuse pour y récolter la noxolyte, une substance fossile puissante et dangereuse. À bord, les épreuves cruelles et truquées se multiplient. Sortie: Août 2020.

Le hip-hop: Écrit par Thomas Blondeau, journaliste passionné et passionnant, ce documentaire riche en photos te plonge dans la culture fascinante du hip-hop, de sa naissance dans les ghettos new-yorkais à l’âge d’or du rap, en passant par le graffiti et la danse. Découvre aussi la discographie idéale avec une sélection de 60 albums de rap français et américain ! Sortie: Janvier 2021.

Tiféfé et la tresse au ruban rouge: Mamie Dodoz avait révélé à Tiféfé le secret de la disparition de sa mère, la douce Eugénia, coiffée d’une énorme tresse finissant par un ruban rouge. Un jour de ciel couvert, Eugénia avait disparu au bord d’une falaise au-dessus d’une grotte nommée Le trou de madame Coco. Il ne restait d’elle qu’une belle tresse nouée par un ruban rouge que Tiféfé avait clouée au-dessus de son lit. Sortie: Novembre 2020.

La ruelle d’hiver: Elodie va jouer dehors, dans la ruelle, dans la neige. Aimée la joint et plein d’autres amis. Un fort, de la neige… Sortie: Novembre 2020.

Raconte-moi Félix Auger-Aliassime: Né à Montréal d’une mère québécoise et d’un père togolais, Félix Auger-Aliassime joue son premier tournoi de tennis à l’âge de six ans. Entraîné d’abord par son père, Félix fait partie de l’élite canadienne de tennis dès son adolescence. Talentueux et déterminé, il aspire à devenir le meilleur joueur au monde. Découvre ce jeune homme qui a le potentiel d’une carrière digne de son idole, Rafael Nadal. Sortie: Novembre 2020.

Babel Africa: Il était une fois un arbre à beignets, une chèvre rebelle, les amours d’une amazone et d’un dieu-python, une jeune guerrière à la recherche de son père, un fou qui épousa une princesse… Du Soudan au Burundi, de Madagascar aux Comores, de la Côte d’Ivoire au Gabon, du Mali à l’Afrique du Sud, d’hier à aujourd’hui, à chacun(e) sa façon de porter la parole du continent-mère des contes. Babel Africa, c’est la part des anciens et des enfants, la part des femmes et des arbres à palabres, comme un retour aux sources. Entrez dans le cercle des conteurs : que les langues se délient et que la parole demeure… Sortie: Octobre 2020.

Âme: Joe Gardner enseigne la musique dans une école primaire. Il a toujours rêvé de devenir un grand musicien de jazz. Un jour, l’un de ses anciens élèves l’appelle pour lui offrir l’occasion de jouer dans un club. Son audition se passe à merveille, mais en revenant chez lui, il tombe dans un trou d’égout et se retrouve dans le coma. Son âme est alors transportée aux portes de l’au-delà, mais Joe refuse ce destin. Il dérive du chemin tracé pour lui et atterrit dans le Grand avant. Là-bas, il s’allie avec 22, une âme qui ne veut pas devenir humaine. Avec elle, Joe s’évertuera à trouver un moyen de retrouver son corps et poursuivre sa vie là où il l’a laissée. Sortie: Décembre 2020.

Chacun de nous est unique!: Certains enfants aiment rire, danser, sauter, d’autres aiment le calme, la lecture. Certains bricolent, d’autres rigolent. Nous sommes tous différents, nous sommes tous uniques ! Sortie: Novembre 2020.

Voyages autour de mon coeur: Gilles Tibo et Geneviève Després unissent ici leur immense talent pour voyager, tels des funambules, sur le fil des mots. Chaque page est un univers, un monde à découvrir. Le plus beau voyage que l’on puisse faire… est d’ouvrir ce grand livre. Sortie: Novembre 2020.

Petit bout de bois: Souleymane s’enfuit de chaque daara où il est conduit, car dans ces écoles coraniques, les maîtres religieux envoient les élèves talibés mendier au lieu d’étudier. Les enfants doivent alors survivre dans les rues grâce à leur propre créativité. Sortie: Novembre 2020.

La folle maison des comptines: Retrouvez en un seul livre les comptines préférées des tout-petits, racontées à la queue leu leu ! Pirouette cacahouète, Un éléphant qui se balançait, Une souris verte, l’araignée Gypsie, 1, 2, 3, nous irons au bois… et bien d’autres encore! Sortie: Janvier 2021.

Maïana (tome 2): L’anniversaire de Jules: Maïana partage des moments de complicité avec son père qu’elle vient de retrouver. Jules se sent lésé, d’autant plus qu’il vient d’apprendre qu’il sera bientôt grand frère. Lorsque sa demi-soeur lui annonce qu’elle ne peut pas venir à son anniversaire, son moral baisse. Il ne sait pas que Maïana lui prépare une surprise. Sortie: Décembre 2020.

Princesse princesse: Aventurière en devenir, la princesse Amira rencontre la princesse Sadie et la libère de la tour dont elle était prisonnière. À leur grande surprise, elles vont devenir amies malgré leurs différences. Sur les routes du royaume, Sadie et Amira vont joindre leurs forces pour déjouer les plans de la sorcière qui a emprisonné Sadie et l’humilie constamment. Sortie: Octobre 2020.

Kariba: Sibu vit sur les rives du Zambèze. Elle est sans nouvelles de son père parti travailler sur le grand barrage de Kariba. Grâce à ses étranges pouvoirs qui la lient aux animaux de la région, elle décide de partir à sa recherche et de remonter le fleuve. Elle est accompagnée par Amedeo, le fils de l’ingénieur en chef de Kariba. Une sensibilisation à la protection de l’environnement. Sortie: Août 2020.

Les règles de l’amitié: Un jour, Sasha, la nouvelle de l’école, qui était jusque-là tenue à l’écart, se voit couverte de honte car son pantalon est taché par ses toutes premières règles. Soutenue par trois bonnes amies qui se connaissent depuis longtemps et partagent leurs expériences, Sasha est initiée à ce nouvel aspect de sa vie intime. Une bande dessinée sur le vécu des menstruations sur fond d’engagement féministe. Sortie: Septembre 2020.

Les grands témoins (tome 2): Cet album présente la vie de quinze personnalités qui se sont engagées à aider leur prochain : Albeiro Vargas, Kim Phuc, frère Roger, Rosa Parks, Henry Dunant, etc. Les bandes dessinées sont complétées de pages documentaires sur leur action. Sortie: Septembre 2020.

Konghoro: Terre sacrée: Avril 1925, Afrique de l’ouest, dans une région qui deviendra un jour la Tanzanie. Une expédition française d’autochenilles parvient à Arush. Le convoi est dirigé par le célèbre explorateur et chasseur de safari, Hubert de Beauterne, colonialiste assumé et méprisant. Le sultan local lui fait visiter son cabinet de curiosités. On y trouve des reliques d’animaux fabuleux venus d’un endroit que le sultan nomme le cratère de K’Onghoro. C’est décidé, demain, Hubert fera changer l’itinéraire de son expédition vers ce lieu de chasse fantastique ! Le sultan fait convoquer Imani, une jeune Maasai de 14 ans qui sera leur guide dans cette aventure. Sortie: October 2020.

Avengers: Les phobivores: Les Avengers sont confrontés à une menace surgie du passé de T’challa, la Panthère noire, et de Modok. Sortie: Février 2021.

Titus et les lamas joyeux: au secours, un ado! : Un matin, Titus arrive à l’école couvert de boutons. La bande reconnaît tout de suite cet étrange symptôme : ce sont des boutons d’acné, leur copain est en train de se changer en… adolescent ! Si Titus achève sa transformation, il devra quitter l’école pour aller au collège. Jo, Adila, Romi et Gédéon sont prêts à tout pour stopper la métamorphose de Titus. Personne ne séparera les Lamas Joyeux ! Leur inventivité et leurs bêtises permettront-elles aux Lamas de mener à bien leur mission ? Sortie: Février 2021.

Miles Morales: A New York, Miles Morales, le nouveau Spider-Man venu de l’univers Ultimate, peine à concilier sa mission de super-héros avec sa vie de lycéen. Spider-Man accepte mal de le voir parmi les Avengers mais Miles semble le seul à pouvoir contrer le démon Blackheart. Sortie: Novembre 2020.

Préhistoric Rick (tome 4): Cro c’est cro! : Rick, Ziggy et Nova sont perdus en pleine forêt. Ils veulent tuer le mythique grand mammouth blanc mais il est possible que ce soit lui qui les mange. Sortie: Septembre 2020.

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La saveur des bananes frites

la saveur des bananes frites

Saraphina vit avec son grand frère Jude à Paris dans un foyer pour jeunes étrangers. Quand elle passe devant les grilles de la Cité Paradis et ses beaux appartements, elle ne peut s’empêcher de penser à une autre cité : celle où ses parents ont vécu avant sa naissance, en Haïti, et qu’ils ont dû fuir suite aux « grands combats ». Depuis, la vie ne les a pas épargnés : après la mort de leur mère, Jude et Saraphina ont dû apprendre à vivre seuls. Mais Jude semble profondément attaché à ses racines, alors que Saraphina, née à Paris, préférerait parfois les oublier. Au quotidien, elle s’applique surtout à rendre la vie plus légère. Au collège, elle s’intéresse à tout ; au foyer, elle aide Jude autant qu’elle peut, et rit avec Malik, qui lui fait voir la vie en couleur. Mais quand tout tourne mal, l’horizon du retour en Haïti se dessine peu à peu comme seul échappatoire possible. Comment Jude et Sara parviendront-ils à affronter cette nouvelle page de leur histoire ?

J’avais de grandes attentes face à ce roman et j’ai été plutôt déçue…  Bien que j’aie grandement apprécié la plume de l’auteure, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages. Saraphina en particulier m’a semblé assez unidimensionnelle: sans papiers en France, elle répète souvent qu’elle n’aime pas, ne connait pas et n’est pas intéressée à connaître Haïti. Toutefois, on en sait très peu sur elle, sur ses intérêts, ses qualités, ses défauts, ses forces et ses faiblesses. J’aurais aimé connaître Saraphina en tant qu’humaine complexe et unique ! J’aurais aimé la suivre dans son cheminement identitaire en tant que fille ayant perdu sa mère et son père vivant depuis toujours en France, mais devant retourner vivre dans un pays inconnu.

La représentation d’Haïti m’a également déplu. À la lecture du roman, on retient que ce pays n’est que pauvreté, lenteur et délabrement habité par des gens à la peau si sombre que leur visages semblent avoir été « noircis par la cuisson [d’une] cocotte-minute » (p.107) de la chaleur des tropiques. J’aurais aimé que le roman aborde des éléments plus positifs pour contrebalancer. De plus, le vaudou est peint comme une sorte de pratique magique et mystérieuse se résumant aux poupées piquées d’aiguilles. Au passage, l’auteure n’oublie pas de nous rappeler que les habitants d’Haïti sont des descendants d’esclaves, mais passe sous silence leur lutte pour leur indépendance. Ugh. J’aurais tellement aimé aimer ce roman. Le mieux, c’est peut-être que vous le lisiez pour vous faire votre opinion personnelle. Et puis dites-moi ce que vous en avez pensé!

* Prix de Ravinala Madagascar

Sélectionné pour le Prix des Incorruptibles 2018-2019

Auteur(s) / illustrateur(s) : Sophie Noël
Maison d’édition: Magnard Jeunesse Bouton acheter petit
Année de publication: 2017
ISBN: 9782210963672
Public cible: À partir de 9 ans

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Des mensonges dans nos têtes

Des mensonges dans nos têtes1959, en Virginie. C’est l’histoire de deux filles qui croient qu’elles se détestent parce qu’elles n’ont pas la même couleur de peau et qu’elles ne sont pas nées du même côté.
C’est l’histoire de Sarah et Linda qui croient qu’elles se détestent mais c’est aussi l’histoire de l’année où tout va changer parce que les mensonges des autres vont voler en éclats et que les vies, les cœurs de Sarah et Linda vont s’en trouver bouleversés pour toujours…

C’est d’abord le sujet du livre qui m’a interpellé. Une histoire d’amour impossible entre deux adolescentes dans les États-Unis en pleine lutte pour les droits civiques, je n’avais jamais lu quelque chose de semblable auparavant. Le roman débute tout de go lors de la rentrée scolaire. Racisme, insultes lancées à tue-tête, ici scandés par la foule d’élèves blancs (« Un, deux, trois, l’intégration on n’en veut pas ! »), là crachés par des dizaines d’élèves croisant le passage de Sarah, jeune fille noire surdouée intégrant une école pour Blancs. « Sale négresse qui pue! » par-ci, ricanements, dénigrements et déchets lancés par-là… C’est très dur à lire et ça dure près de la moitié du roman. Cela m’a agacé, car même si le contexte historique a permis tant de haine, plutôt que de faire avancer l’histoire, l’auteur consacre plusieurs pages à ses effusions de racisme.

J’ai eu un malaise constant en lisant ce roman. Voilà cette femme américaine, blanche, qui fait parler une personne noire (fictive, mais s’inspirant de personnes ayant réellement existées), et qui semble carburer aux insultes racistes. « Black Twitter », ces afro-américains qui échangent en 140 caractère sur les réseaux sociaux (parfois en étant totalement ignorés par la majorité blanche) n’ont pas manqué de le soulever également. Et ce, pour plusieurs raisons (traduction libre de quelques propos recueillis sur Twitter concernant la version originale du roman, The Lies We Tell Ourselves. Notez que ces propos ne sont pas les miens):

  • Quelqu’un peut-il me dire pour qui a été écrit ce roman ?? V’là 100 pages d’insultes en continu envers les Noirs.

  • Auteurs blancs, écoutez ceci: Quand vous écrivez un livre sur le racisme, votre livre est automatiquement catégorisé comme ayant un « White Gaze » [c’est-à-dire un regard Blanc sur la chose, n’abordant que la vision des Blancs sur le racisme].

  • OH MON DIEU, LADY [c’est-à-dire l’auteure], comment as-tu pu penser que c’était ta place d’écrire ceci ?

  • Je deviens vraiment frustrée lorsque les gens donnent de bonnes critiques à ce livre.

Bref, vous l’aurez compris, les gens étaient plutôt furieux. Que l’on soit d’accord ou pas avec cette colère, cette situation fait réfléchir et mérite qu’on y porte attention. L’idée n’est pas d’interdire les personnes blanches d’écrire sur le racisme ou de créer des personnages noirs dans leurs œuvres. L’idée est pour ces personnes blanches d’être conscientes de leur « blanchitude », de leur regard, de leur privilège. L’idée est aussi de réaliser que pendant que les personnes blanches parlent « pour nous », les médias accordent peu de place aux artistes noirs, et qu’il est difficile de parler pour nous-mêmes. L’idée, enfin, est d’être conscient de trois choses cruciales : QUI parle ? POUR QUI parle-t-on? POURQUOI parle-t-on de ceci ?

L’auteure Robin Talley, ayant eu vent de la controverse entourant son roman, s’est par la suite excusée sur sa page officielle, se disant « reconnaissante à ceux qui ont soulevé ses problématiques » et souhaitant « s’excuser profondemment pour les blessures [qu’elle a] occasionnées ». Elle dit avoir « appris » de cette expérience et prend les points soulevés par ses détracteurs « très, très au sérieux. » Elle ajoute que lorsqu’elle a écrit ce roman en 2010, elle a « fait ses recherches », mais n’a pas « pris un moment de recul pour [se] demander si [elle] devai[t] raconter cette histoire en premier lieu. » Elle semble avoir compris que nonobstant les recherches qu’elle puisse avoir effectuées, son écriture était, par nature, limitée par sa propre expérience.

Oh, well.

Auteur(s) / illustrateur(s) : Robin Talley
Maison d’édition: Mosaic Bouton acheter petit
Année de publication: 2014
ISBN: 9782280338677
Public cible: Ados

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Chloé, la fée des topazes

chloéVous en connaissez beaucoup, vous, des fées noires? Chloé, la fée des topazes, a le pouvoir de transformer les filles en fées et les lutins en ours en peluche. Mais sa pierre a été volée! Chloé doit vite la récupérer, car, sans sa topaze, elle court un grand danger…

Voilà un roman pour bons lecteurs narré au présent et mettant en scène une fée noire aux cheveux longs durant les préparations de l’Halloween. La pierre précieuse et la convoitise qu’elle suscite fait davantage avancer l’histoire que la fée elle-même (cela dit, je devine que ce doit sûrement être le cas pour tous les titres de la série L’arc-en-ciel magique/Les fées des pierres précieuses, mais cela reste à voir…) Un récit facile ayant quelques rebondissements « magiques ». Mise en page moyenne: bien qu’aéré, le texte n’est pas justifié à droite et la reliure déforme certaines illustrations. Les illustrations en noir et blanc permettent le coloriage: pourquoi pas? Pour la simple présence du personnage noir et du pouvoir de représentation qu’il détient, je recommande ce livre: oui, oui, les petites filles noires peuvent aussi être des fées, je l’ai vu dans un livre. Chloé l’est, elle! 😉

Auteur(s) / illustrateur(s) : Daisy Meadows & Georgie Ripper
Maison d’édition: Éditions Scholastic
Année de publication: 2005
ISBN: 9780545981965
Public cible: À partir de 6 ans
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