Albertine Petit-Brindamour déteste les choux de bruxelles

Et si manger des choux de Bruxelles pouvaient vous donner un superpouvoir ? Albertine adore dresser les listes des choses qu’elle aime : ses mots favoris, ses aliments préférés, les superpouvoirs qu’elle rêve de posséder. Mais il y a une chose que vous ne trouverez sur aucune des listes d’Albertine : les horribles choux de Bruxelles ! Albertine les DÉTESTE ! ! ! Une seule chose pourrait la faire changer d’avis : qu’ils puissent lui donner un superpouvoir ! Un album plein d’humour mettant en vedette les choux de Bruxelles, ces petits légumes trop souvent mal aimés.

Cet album pour les enfants du préscolaire est d’une bonne qualité matérielle: couverture rigide, jolies pages de garde et format agréable. J’ai beaucoup aimé le texte d’Anne Renaud qui capture bien l’aversion des enfants pour les légumes, tout en y ajoutant une pointe d’humour bon-enfant. Le vocabulaire y est riche et les petits lecteurs apprendront plusieurs nouveaux mots comme démasque(r), fanfarons, frondeur, chenapans, hume(r) ou tournoyer.

Albertine est une enfant comme les autres, un peu têtue, un peu naïve, mais curieuse et pleine d’imagination. Elle croit que les carottes lui permettront un jour de voir dans le noir, que les épinard la rendront plus forte, et que les choux de Bruxelles servent surtout à faire les yeux des bonhommes de neige! Ces petites mimiques d’adulte m’ont bien fait rire, par exemple lorsqu’elle fouille dans les livres à la recherche de recettes avec (pas trop) du légume tant détesté. Elle vit avec sa maman (son papa n’est pas mentionné dans l’histoire), une femme élégante aux cheveux crépus, et son petit chat noir. D’ailleurs, l’illustratrice a très bien réussi à dessiner la texture des cheveux!

Le livre se termine pas une blague de pet, qui fera rire les enfants. Le livre me semble plus adapté à une lecture en duo qu’une lecture à un groupe, mais n’hésitez pas à vous familiariser avec cette histoire, car certains bibliothécaires et animateurs auront plaisir à l’adopter pour l’heure du conte. Superbes illustrations colorées et expressives d’Élodie Duhameau. Très bon!

Albertine Petit-Brindamour déteste les choux de bruxelles
AUTEUR(S) : Anne Renaud et Élodie Duhameau 
ÉDITIONLa courte échelle, 2020
ISBN: 9782897743215
PRIX: 18,95$
4 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être La princesse et le poney, un album jeunesse qui se termine lui aussi par une blague de pet! Essayez aussi Rien du tout!, ou encore Cherche remplaçant: doit aimer les livres, deux histoires dont le personnage principal est une petite fille noire.

Un petit geste

Chloé et ses amis ne joueront pas avec la nouvelle fille, Maya. Chaque fois que Maya essaie de rejoindre Chloé et ses amis, ils la rejettent. Finalement, Maya cesse de venir à l’école. Lorsque l’enseignante de Chloé donne une leçon sur la façon dont même de petits gestes peuvent changer le monde, Chloé est piquée par l’opportunité manquée d’amitié et réfléchit à quel point cela aurait pu être mieux si elle avait montré un peu de gentillesse envers Maya.

Ça fait déjà plusieurs semaines que j’ai lu ce livre et ce n’est qu’aujourd’hui que je me pose pour rédiger cette critique. J’avais besoin d’un moment d’arrêt, de laisser l’histoire m’habiter quelques temps encore. Car Un petit geste est un livre comme ça. Avec son puissant message anti-intimidation et son art frappant, le livre Un petit geste résonnera auprès des lecteurs longtemps après l’avoir déposé. 

Jacqueline Woodson est l’une de mes auteures préférées. J’ai presque tout lu d’elle (elle écrit pour tous les âges) et je n’ai encore jamais été déçue. Quand Jacqueline Woodson écrit, elle m’emporte avec elle dans son univers. Les histoires qu’elle raconte sont toujours criantes de vérité. Chloé, que j’ai rencontrée dans son livre, est une enfant imparfaite, comme les vrais enfants. Comme ceux qui jouent dans la cours d’école, comme ceux qui grandissent vite et ceux qui grandissent lentement.

J’aurais pu lire le texte seul que je l’aurais adoré tout autant. J’aurais pu admirer les illustrations de E. B. Lewis et savourer une histoire sans texte. Mais ensemble, Woodson et Lewis créent quelque chose de puissant. Je les ai adoré ensemble dans The Other Side, et je les adore encore dans Un petit geste.

E. B. Lewis a un style d’illustration hyper-réaliste; ses dessins sont comme des photographies. Son coup de crayon est vif, et son coup de pinceau est léger. Cela créé des illustrations tout en profondeur dans lesquelles l’esquisse est toujours apparente. Ses aquarelles accompagnent à merveille le texte de Woodson.

J’ai été apaisée, attendrie, en colère, émue et pensive en lisant ce livre. C’est une histoire touchante pour explorer comment nos gestes affectent les autres, et pour réaliser que nous n’avons pas toujours une deuxième occasion pour nous rattraper. C’est aussi une histoire sur la gentillesse, celle qu’on a en nous mais qu’on ne transfère pas dans le monde. Celle qui nous reste prise à la gorge, sans trop savoir pourquoi. Enfin, c’est également une histoire sur soi et les autres, sur les différences, sur la dynamique de groupe et sur la découverte de qui on est.

Maya, la nouvelle élève, arrive en milieu d’année. On ne sait pas d’où elle vient et quand elle repartira soudainement, on ne saura pas où est s’en est allée. Elle a été une enfant gentille, impatiente de se faire des amis. Mais personne n’aura été gentille avec elle. Ça m’a brisé le cœur. Avec son puissant message anti-intimidation et son art frappant, le livre Un petit geste résonnera auprès des lecteurs longtemps après l’avoir déposé. 

Au niveau de la représentation, Chloé est une petite fille métissée aux cheveux crépus et bruns. Sa couleur de peau ne change rien à l’histoire. Mais c’est tellement rare de voir des personnages principaux aux cheveux crépus laissés en afro en littérature jeunesse sans que ce soit sujet à moqueries ou que ce soit quelque chose de négatif. J’ai été heureuse de rencontrer Chloé; par ce quelle vit, et parce qu’elle est une petite écolière comme les autres, les enfants n’auront pas de mal à s’identifier à elle.

Pistes d’exploitation en milieu scolaire

Tout n’est pas dit dans l’histoire, ce qui fait de ce livre un candidat intéressant à une exploitation en milieu scolaire. Voici quelques pistes pour entamer des discussions autour de cet album avec vos élèves de 2e et 3e cycle du primaire:

  • Quelle est ta première impression en voyant Maya pour la première fois (page 3-4)? Que peux-tu dire d’elle? Diras-tu qu’elle a beaucoup d’argent ou pas? Qu’est-ce qui te fait penser cela? D’où vient-elle? Pourquoi arrive-t-elle en milieu d’année?
  • Quelle est ta première impression de Chloé? Dirais-tu quelle est une personne gentille ou pas? Attention: que connais-tu d’elle? Pourquoi ne sourit-elle pas à Maya? Pourquoi regarde-t-elle ailleurs? Pourquoi regarde-t-elle dehors?
  • Dirais-tu qu’il est facile de se faire de nouveaux amis? T’es-tu déjà retrouvé dans un environnement où tu ne connaissais personne? Si oui, comment aurais-tu aimé que les gens réagissent face à ta venue?
  • Faut-il du courage pour aller à l’encontre de ce qui est populaire? Faut-il du courage pour se moquer des autres? Ou de la lâcheté? Pourquoi Andrew nargue-t-il Chloé, à ton avis?
  • Et toi? Que peux-tu faire pour aider les nouveaux à s’intégrer au groupe?
  • Pourquoi Chloé et ses amies refusent-elles de jouer avec Maya?
  • Relève dans le texte toutes les instances où Maya tente activement de s’intégrer au groupe. Note la réaction de ses pairs. Propose ensuite une façon alternative et positive dont ces événements auraient pu se dérouler.
  • Explique dans tes mots la métaphore du caillou jeté dans l’eau.
  • De quelle manière diras-tu que Maya se sent au début et à la fin de l’histoire? Comment est-ce que le comportement des élèves de la classe l’affectent-elle?
  • Que pourrait faire Chloé pour se racheter? Est-il trop tard?

Enseignants: Pourquoi ne pas, vous aussi, faire l’expérience du caillou dans l’eau avec vos élèves? Demandez-leur ce qu’ils ont fait de gentil.

* Prix Coretta Scott King Book Awards 2013 pour la version originale anglaise.

Coup de cœur!

Jacqueline Woodson est une autrice américaine.

Un petit geste
AUTEUR(S): Jacqueline Woodson & E.B Lewis
ÉDITIOND’eux, 2020
ISBN: 9782924645468
PRIX: 21,95$
7 à 10 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Une poupée pour maman, un album pour les enfants de 8 ans et plus écrit par une personne afro-descendante. Essayez aussi Le prince bégayant et Tiens-toi droite, deux albums pour les lecteurs du 2eme et 3eme cycles du primaire.

Le Noël de Rosetta

Rosetta est la fille du roi. Dans le royaume, tout est gris et triste, même Noël. Mais il paraît qu’autrefois Noël était un jour coloré et plein de musique. Rosetta rêve de vivre cette fête merveilleuse. Son grand copain Lucien a bien envie de lui faire une surprise. Au son des hautbois, clavier, sonnette hollandaise, noix de coco, bâton de pluie, tambourin, cor anglais, grelots, flûte irlandaise, il se met en quête d’un sapin… 

J’ai toujours plaisir à faire découvrir les livres-audio aux lecteurs de ma bibliothèque. Souvent oubliés ou boudés, ces livres sont pourtant un plaisir à écouter et à découvrir. Quel plaisir de se faire raconter une histoire! Le Noël de Rosetta est le deuxième livre-audio que je découvre des éditions Trois petits points et j’ai de nouveau été agréable surprise par la qualité de l’enregistrement, le montage sonore, le talent des acteurs et la finesse des morceaux musicaux choisis. Le bruitage ajoute texture et profondeur au récit audio: de la pluie qui tombe d’un coup au

Le Noël de Rosetta est une fable écologique accompagnée de musique de notamment Saint Saens, Bizet et Weber, mais aussi des morceaux traditionnels et des compositions originales. Ce conte est aborde les thèmes de la différence, de l’écoute bienveillante, de la découverte et de l’entraide. À chaque tableau sonore (narration et musique) correspond une illustration dans le livre d’accompagnement qui sert aussi de pochette pour le CD. Un plaisir pour les yeux et les oreilles! Une histoire fantastique dans laquelle on rencontre une abeille futée, un géant végétarien, et tout plein d’autres personnages colorés. Très, très bon!

Je remercie les éditions Trois Petits Points de m’avoir offert ce livre.

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LE Noël de Rosetta
AUTEUR(S) : Nathalie Tuleff, Guillaume Lucas
ÉDITIONÉDITIONS Les trois petits Points, 2020
ISBN: 9791096744220
4 ANS ET PLUS

Baby-sitters Petite soeur : Karen et la sorcière

Dans cette série dérivée du célèbre Club des Baby-Sitters, les petites soeurs s’emparent de la scène! Karen Brewer aime ses deux familles. Cela veut dire deux Noëls, deux fois plus de jouets et deux maisons. À côté de chez son père et sa belle-mère vit Mme Porter, alias Morbida Destinée. Karen est convaincue que Mme Porter est une sorcière. Elle porte de longues robes noires, ses cheveux sont gris et ébouriffés, et elle a un chat noir. En plus, elle passe son temps dans son jardin à s’occuper de ses herbes aromatiques. Karen est sûre que son effrayante voisine prépare une réunion de sorcières. Comment va-t-elle persuader ses amis qu’elle a raison?

L’éditeur dit de cette BD qu’elle évoque les préjugés et célèbre les différences. Je n’ai pas du tout eu cette impression en lisant ce livre. Si Karen a beaucoup de préjugés envers sa voisine qu’elle pense être une sorcière, à aucun moment elle n’apprendra qu’il faut connaître une personne avant de la juger ni ce que sont les préjugés. On lui dit simplement d’arrêter d’espionner les gens. Et Karen ne se contente pas de vouloir découvrir si sa voisine est une sorcière ou pas, elle va jusqu’à lui prêter des fausses intentions, l’accuser de comploter pour faire du tort au voisinage, et ira même jusqu’à se pointer chez la voisine pour gâcher son club de jardinage en portant ses accusations devant tous les invités.

Heureusement, Hannie (une petite fille noire), sa meilleure amie quand elle est chez son père, sera là pour tenter de la raisonner un peu. Elle aura des appréhensions quant aux plans de Karen et essayera de la décourager de poser certaines actions répréhensibles. Hannie a un rôle tout de même assez mineur. On ne saura pas si elle a aussi été punie pour avoir été complice des agissement de son amie.

Disons que cette adaptation aurait bénéficié d’une mise à jour car l’histoire a assez mal vieilli. Les personnages principaux sont très jeunes (6 ans) et je doute que leurs aventures intéressent vraiment les enfants de 8, 9, 10 ans. Or, le texte est trop complexe pour qu’un enfant de 5-6 ans le lise de manière autonome. Je n’ai pas aimé.

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Baby-sitters petite soeur: Karen et la sorcière
AUTEUR(S) : Katy Farina, d’après Ann M. Martin
ÉDITIONScholastic, 2020
ISBN: 9781443181266
PRIX: 16,99$
6 à 8 ANS

Enfants du monde: Le racisme et l’intolérance

Ce livre explique les concepts de racisme, de préjugés et d’intolérance tout en encourageant des discussions sur le respect et la sécurité. Des mots justes et des illustrations émouvantes pour expliquer très simplement aux enfants ce qui se passe dans le monde, sans les inquiéter, mais sans rien leur cacher.

On me demande souvent à partir de quel âge doit-on aborder la question du racisme auprès des enfants. Ou encore, on me demande si j’ai une suggestion de lecture jeunesse sur le sujet. Le racisme et l’intolérance, écrit par Louise Spilsbury et Hanane Kai est le livre parfait pour parler de ce sujet délicat avec de jeunes enfants. Et quant à l’âge, eh bien ma nièce avait 4 ans lorsqu’elle m’a dit qu’elle était « noire » en pointant sa peau et qu’elle n’était pas comme les autres. Ma mère m’a raconté que j’avais à peu près cet âge lorsque je lui ai demandé pourquoi les gens disaient que j’étais noire. « Je ne suis pas noire! » aurais-je dit, perplexe. « Je suis brune!!! » Je pense que l’important est de partir des questionnements des enfants et d’y répondre au fur et à mesure. Dans tous les cas, ce livre est franchement génial pour expliquer ce qu’est le racisme sans être alarmiste ou inquiétant. Pour pousser la discussion plus loin, on pourra au besoin compléter avec d’autres livres.

Il y a dans cet album à couverture souple une table des matières qui renvoie à des numéros de page, mais pas de titre aux diverses sections référées. Le texte se lit comme une histoire, ce qui en fait un espèce d’hybride entre l’album et le documentaire, assez bien adapté au milieu scolaire. On retrouve aussi un glossaire, mais les mots listés dans celui-ci ne sont pas identifiés dans le texte. Enfin, il y a un index pour facilement retrouver les différents sujets abordés dans le livre.

Les illustrations sont douces et j’ai aimé retrouver le petit chat jaune aux pattes rayées de pages en pages. Pour débuter une conversation sur le racisme auprès de jeunes enfants (dès 6 ans), c’est le livre qu’il vous faut.

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Enfants du monde: Le racisme et l’intolérance
AUTEUR(S): Louise Spilsbury & Hanane Kai
ÉDITION: Scholastic, 2019
ISBN: 9781443176576
PRIX: 11,99$
6 ans et plus

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Le petit garçon qui venait de la Jamaïque, un beau récit d’immigration. Essayez aussi André a la peau noire, un livre pour débutants lecteurs sur le racisme, ou encore Unis par le jeu, un autre album-documentaire publié chez Scholastic.

Reviens sur Terre, Esther!

« Reviens sur Terre Esther ! », lui rappellent sans cesse ses parents. Mais Esther, elle, est bien décidée à partir à la conquête de l’espace. Puisqu’on lui répète qu’elle est dans la lune, aussi bien aller la visiter. Mais pour cela, il lui faut d’abord construire son vaisseau spatial…

Les Éditions Mammouth Rose ont créé la Petite Collection pour fabriquer de grands lecteurs. En plus de proposer des histoires variées et originales, conçues par des figures reconnues des milieux artistiques et littéraires, La Petite Collection offre aux parents un véritable guide pour les aider à accompagner leur enfant sur le chemin de la lecture. On retrouve donc en accompagnement au livre un feuillet détachable, un guide conçu par une spécialiste reconnue, qui détaille les différentes étapes de l’apprentissage de la lecture. Parfait pour le milieu scolaire!

J’ai beaucoup aimé l’histoire d’Esther, cette petite fille noire qui se passionne pour les sciences. Elle est curieuse, débrouillarde et intelligente. Elle donne vraiment le goût aux enfants de développer cette curiosité nécessaire à tout apprentissage. La couleur de peau d’Esther ne change absolument rien au récit. Esther est une petite fille tout à fait ordinaire, qui nourrit ses rêves et ses passions. Les illustrations de José Bisaillon me charment à chaque fois et c’est toujours un plaisir renouvelé d’admirer ces créations. Elle parvient à utiliser énormément de matériaux différents sans toutefois créer de lourdeur visuelle. J’aime la rondeur de ses personnages et ses collages. Bref, j’ai adoré ce livre jeunesse que je ne peux que vous recommander chaudement!

Coup de cœur!

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Reviens sur Terre, Esther!
AUTEUR(S) : Josée Bisaillon
ÉDITIONGuy Saint Jean Éditeur, 2018
ISBN: 9782897585020
PRIX: 19,95$
7-8 ans

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Moi je lis tout seul: La rentrée des classes, Les petits héros ou Comment transformer une banane en vélo, trois livres appropriés pour les lecteurs de 7-8 ans et ayant des personnages noirs.

Les princesses magiques (tome 3): La lune mystérieuse

la lune mystérieuse princesses magiquesLors d’une tournée dans la savane avec Valentin, le garde-chasse, Lulu, princesse d’Undala, s’est rendue compte de la disparition de nombreux animaux. De retour au palais, grâce aux bagues magiques, elle appelle à la rescousse ses amies les princesses Yaminta, Clarabelle et Emilie. Un roman à la couverture pailletée.

Il faut arrêter avec cette représentation des personnages noires vivant dans la savane et ayant des animaux sauvages comme animaux de compagnie. Est-ce qu’on accepterait que les Québécois soient représentés encore et encore comme des colons vivant dans des igloos, tuant des animaux à mains nues pour se nourrir et s’habiller, ou comme des bûcherons ne sachant pas s’exprimer correctement et ayant tous 14-15 frères et sœurs? Je ne crois pas, non. Alors, pourquoi est-ce que ça passe pour les personnes noires? Ugh.

Bon, après, bonjour les paillettes, diadèmes, carrosses et joyaux. Pour faire de l’escalade, Lulu porte une robe dorée. Et même si elle est capable de faire la roue sans l’aide du prince d’à-côté, elle n’est pas libre de son temps: entre les injonctions portées sur elle par la royauté et diverses règles démodées de bienséance qu’elle doit respecter en tant que princesse, Lulu ne semble pas vraiment maître de son destin.

Parce qu’elle aime grimper aux arbres, Lulu sera comparée à une lionne et traitée de sauvage. Ce à quoi la fillette répondra, les yeux pétillants : « Il n’y a rien de plus sauvage qu’une princesse magique! » (p.107). Pitié. 😬 

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Les princesses magiques
AUTEUR(S)
: Paula Harrison Bouton acheter petit
ÉDITION: Pocket, 2018
ISBN: 9782266280587
PRIX: 8,95$
9 à 12 ans

 

Ce livre vous a plus ?
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Le cadeau

Pour son anniversaire, Léo a reçu un magnifique stylo. « Dedans, il y a plein de belles choses », lui dit son père. Impatient de les découvrir, Léo va demander de l’aide à sa sœur, puis à Coco-Tèmbo, à Super-Zembô… Aucune ne sait se servir d’un stylo. De retour à la maison, Léo s’adresse à sa mère. Tenant dans sa patte celle de Léo, elle écrit avec lui. Émerveillé, Léo découvre que son stylo contient tous les mots et toutes les choses du monde…

Un bel album au format à l’italienne dans lequel on part à la rencontre d’un florilège d’animaux anthropomorphisés. Le personnage principal est un petit lion curieux qui hâte de découvrir ce que cache le cadeau reçu par son père. Le suspense est préservé jusqu’au à toute fin où l’on découvre comment tous les mots du monde peuvent sortir du stylo. Jolies illustrations au crayon de bois et aux couleurs éclatantes. Le texte d’Alain Serge Dzotap est un plaisir à lire à haute voix, faisant de cet album un candidat parfait pour l’heure du conte en bibliothèque.

Alain Serge Dzotap est un auteur camerounais.

Je remercie les Éditions des Éléphants de m’avoir offert ce livre.

LE cadeau
AUTEUR(S) : Alain Serge Dzotap & Delphine Renon
ÉDITIONÉditions des éléphants, 2020
ISBN: 9782372730891
PRIX: 27,95$
4 ANS ET PLUS

Charlie et ses drôles d’habits

Dans la forêt des belettes, Charlie se fait remarquer par sa manière excentrique de s’habiller. Se sentant rejeté par les autres belettes, il part à la recherche d’un lieu plus accueillant. En son absence, ses compagnons se rendent compte que la vie est plus triste, et commencent à copier son style original.

Cette histoire amusante sur l’acceptation de la différence m’a chargé. Enfin un album pour parler de la tolérance ayant un peu d’humour, tout en gardant un propos intelligent. Les petites belettes sont très expressives et les enfants n’auront aucun mal à s’y identifier (ou encore: à s’identifier à Charlie!)

Le livre-objet est de qualité avec une belle couverture rigide et des pages de garde franchement rigolotes. Les illustrations se déploient sur les double-page, ce qui en fait un livre parfait pour l’heure du conte en bibliothèque.

Ce livre véhicule non seulement des valeurs de tolérance, mais encourage les enfants à ne pas avoir peur d’être différents.

Coup de cœur!

Charlie et ses drôles d’habits
AUTEUR(S) : Samuel Langley-Swain & Ryan Sonderegger
ÉDITIONKimane, 2020
ISBN: 9782368087541
PRIX: 21,95$
3 à 7 ANS

Ce livre vous a plu? Vous aimerez peut-être Un mouton au pays des cochons, Fourchon ou encore Le mouton un peu différent, trois albums pour les petits sur la différence.

Les enfants de la Nouvelle-France

À travers onze portraits d’enfants, le lecteur est invité à explorer les multiples aspects de la vie en Nouvelle-France, à différentes époques, tels que : la traversée de l’Atlantique à bord d’un grand voilier, la prise de possession du territoire, l’économie, les vêtements, la médecine.

Ce livre pour la jeunesse s’intéresse à la vie quotidienne en Nouvelle-France. Par biais de témoignages fictif de différentes personnes mineures, on apprend comme la colonie du Bas-Canada s’est formée. Le premier témoignage est celui d’une jeune fille Wendat vivant dans une maison longue. Elle parle de son héritage Iroquoien, des similitude et différences entre son peuple et celui des Pétuns, des Neutres et des Ériés. Elle parle aussi de son repas préféré, la soupe de maïs et de ses vêtements traditionnels. Son témoignage est suivi d’un dossier sur la présence autochtone en Nouvelle-France. On retrouve aussi un témoignage fictif d’un jeune autochtone domicilié converti au catholicisme. Malheureusement, le terme « domicilié » n’est pas défini dans le livre et le lecteur ne parvient pas à accéder au sens de son témoignage: Il se dit autochtone, mais il est catholique, il il a volontairement quitté ses terres ancestrales et accepte de faire la guerre auprès des Français. Pourquoi? Comment? Bref, ce témoignage soulève beaucoup de questions auxquelles le lecteur ne trouve pas de réponses dans le livre. Quelle occasion ratée d’aborder la question des réserves, des missionnaires et des impacts de l’acculturation des peuples autochtones.

Dans Les enfants de la Nouvelle-France, il y a également un témoignage fictif d’une jeune esclave nommée Marie. J’ai été agréablement surprise de retrouver ce passage car les livres d’histoire du Québec et du Canada passent trop souvent sous silence le passé esclavagiste du pays, comme si l’esclavage n’y avait jamais eu lieu. Or, il y avait des esclaves au Canada au XVIIIe siècle — jusqu’à 2000 à son apogée. Il y avait des esclaves au Québec et il y avait des esclaves à Montréal. J’aurais toutefois aimé que le témoignage de Marie soit complété par un dossier sur l’esclavage en Nouvelle-France, comme cela a été le cas pour d’autres témoignages dans le livre. Il y aurait tant eu à dire! La provenance des esclaves, les esclaves autochtones, les esclaves africains, leur nombre, leur traitement, les résistances, le travail forcé qu’ils.elles effectuaient, leurs déplacements sur le territoire (par exemple en Nouvelle-Écosse), les ventes d’esclaves sur le territoire canadien, ou encore le profil de propriétaires d’esclaves comme Peter McGill (fondateur de, vous l’aurez deviné, la prestigieuse université McGill à Montréal). Dommage.

Malgré tout, le livre est assez informatif et les jeunes lecteurs se familiariseront avec l’histoire de la Nouvelle-France. Une table des matières et un index facilitent la recherche.

Les enfants de la nouvelle-France
AUTEUR(S)
 : Pierre-Alexandre Bonin, Gilbert Desmarais & Caroline Soucy
ÉDITION: Bayard Canada, 2020
ISBN: 9782897701543
18,95$
10 ANS ET PLUS

Ce livre vous a plu?
Vous aimerez peut-être Voici Viola Desmond, À la découverte du Canada: L’héritage noir ou Le grain de sable: Olivier Lejeune, premier esclave au Canada, trois livres jeunesse documentaires pour en connaître davantage sur l’histoire de la présence noire au Canada.