Résumé: À 13 ans, Mayana, bien que très jolie, est complexée par sa demi-soeur Margaux, une élève très brillante qui capte tous les compliments. Quand Carl, le petit ami de cette dernière, lui propose de l’aider en maths, Mayana, flattée, accepte. Mais le jeune homme entreprend bientôt de la séduire et se fait de plus en plus pressant, allant jusqu’à la menacer.
Lectorat cible : 13 ans et plus
Autrice : Nacy Guilbert
Édition : Magnard jeunesse, 2021
ISBN : 9782210972612
Prix : 10,95$
Appréciation: Une belle petite surprise que ce roman court et efficace! Le texte est court et aéré, le récit est à la première personne et le personnage principal, Mayana, est authentique. J’ai attrapé ce livre à la va-vite, sans même lire le résumé de quatrième de couverture, et je l’ai dévoré en quelques minutes. Je ne m’attendais donc pas dû tout à découvrir une histoire d’harcèlement. Mayana est métisse, a quelques difficultés à l’école (rien de très grave, mais elle doit travailler fort pour maintenir de bonnes notes), alors que sa demi-soeur Margaux est blanche et a une facilité avec les matières les plus difficiles. Elles s’aiment comme des soeurs: beaucoup de jalousie, beaucoup de comparaison mutuelle, mais aussi beaucoup de soutien (la famille, c’est la famille!). Mayana considère sa meilleure amie, Astou, comme sa sœur de cœur et la décrit ainsi:
« Elle a un look d’enfer, Astou, avec ses tenues de ouf, ses énormes lunettes rouges, jaunes ou blanches et ses cheveux au naturel. Nappy. Libre. Surtout pas de lissage. Je l’admire. Est est trop forte. » (p.16)
Il y a quelques années, on aurait jamais pu lire un.e auteur.e blanc.he prendre la peine de s’attarder à l’importance des cheveux naturels pour les communautés noires, et encore moins l’inclure dans leurs récits. Merci à l’autrice Nancy Guilbert d’être une alliée! Ce roman s’adresse assurément à un public averti car il y a plusieurs scènes qui peuvent susciter des émotions fortes chez les lecteurs, notamment lorsque Carl (le beau gosse du lycée qui aide Mayana dans ses devoirs), l’embrasse sans consentement, l’incite à boire alors qu’ils ne sont pas majeurs, lui fait des attouchements, tente de la manipuler en lui disant qu’elle lui doit bien quelques contacts physiques (voire sexuels) puisqu’il l’a aidé à réviser, la harcèle, lui demande si elle est lesbienne car elle refuse ses avances, et utilise le détournement cognitif (« gaslighting ») pour la faire douter d’elle-même. Le récit devient oppressant, anxiogène très rapidement. Nancy Guilbert a une plume efficace et maîtrisée, tout en restant attrayante pour les jeunes. Recommandé! Contexte français.











